Cycle 2025-2026 · Productivisme

Les défis auxquels nos sociétés font face aujourd’hui – crise climatique, transformation du travail, épuisement des ressources, mutation des pratiques éducatives et artistiques – nécessitent un effort de compréhension approfondi. Pour le nourrir, une réflexion collective, citoyenne et éclairée, s’avère nécessaire. Le Groupe Vaudois de Philosophie a fait l’hypothèse qu’au cœur de ces multiples crises se trouve un phénomène qu’il est urgent d’interroger : le productivisme.

Le productivisme désigne un système économique et social mondialisé qui érige la production en impératif absolu. À la différence d’une simple activité de production visant à créer des biens déterminés, le productivisme cherche à produire pour produire. Cette dynamique traverse aujourd’hui l’ensemble de nos existences : de l’organisation du travail à notre rapport à la nature, de l’éducation à l’art, des pratiques numériques à nos modes de consommation. Le productivisme constitue, pour reprendre les mots du sociologue Marcel Mauss, un « fait social total », car il met en branle la totalité de la société et de ses institutions. Avant d’être une organisation économique, le productivisme repose sur une certaine vision du monde, une métaphysique dont il s’agit d’interroger les racines.

Le cycle 2025-2026 porte ainsi sur ses manifestations contemporaines les plus concrètes : l’intelligence artificielle et ses effets sur la création artistique, les systèmes éducatifs et leur culture de l’évaluation, la question énergétique, ou encore les formes de résistance comme le sabotage et les expériences communautaires alternatives.