Conférence de Vincent Fornerod. Mercredi 6 mai 2026 à 20h00.
Aujourd’hui, tous les cantons suisses sont en train de réformer leur Gymnase. Ils y sont en effet contraints par la nouvelle Ordonnance et le nouveau Règlement sur la reconnaissance des certificats de maturité gymnasiale qui ont été édictés en 2023 par le Conseil fédéral et la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de l’instruction publique. Justifiée officiellement par la volonté d’améliorer la performance et l’équité de la formation, la réforme en cours vise prioritairement l’amélioration de cette dernière dans sa fonction de propédeutique universitaire. Or, envisager l’éducation dans des termes qui semblent relever de ce que l’École de Francfort appelle la « raison instrumentale » est-il vraiment adéquat ?
Dans le paradigme de la reconnaissance du philosophe et sociologue Axel Honneth, les grandes institutions que s’est données la société moderne sont toutes des incarnations de sa valeur suprême qu’est la liberté individuelle. Évaluer une institution revient en conséquence à se demander dans quelle mesure elle parvient à réaliser cette idée de liberté dans les pratiques qu’elle instaure. L’établissement d’un diagnostic sur l’évolution que connaît actuellement le Gymnase présuppose ainsi tout d’abord la mise au jour des attentes que la société moderne a d’emblée nourries à l’égard de la sphère de l’éducation et ensuite l’examen des modalités au travers desquelles l’institution scolaire s’acquitte de nos jours de la promesse de liberté dont elle est porteuse depuis son origine. C’est de la reconstruction de l’« architecture morale » du Gymnase que l’on peut escompter l’identification des pathologies qui l’affectent aujourd’hui.
Mercredi 6 mai 2026 à 20h00, Maison de Quartier Sous-gare, Av. Dapples 50.
