Quelques pistes pour rendre l’intelligence artificielle intelligible

Conférence de Jamil Alioui, lu. 8 jan. 2024, 14h30, Yverdon-les-Bains, Aula Magna du Château.

Cette conférence voudrait interroger ce que l’on nomme « intelligence artificielle » d’une manière originale en ceci que, plutôt que de dresser une liste de mises en gardes moralisantes ou de prophétiser l’apothéose ou le déclin prochains de la société, on voudrait (re)venir sur certains aspects fondamentaux : que voulons-nous désigner par « intelligence artificielle » au juste ? Et, s’il s’agit là de réalités mécaniques ou électroniques – c’est-à-dire, en dernière analyse, techniques –, de quel droit parle-t-on si spontanément d’« intelligence » ? Ainsi, plutôt que d’amorcer la réflexion « avec » l’IA pour dresser ensuite une constellation de conséquences problématiques, nous aimerions au contraire établir une cartographie des conditions auxquelles l’IA peut émerger. Il y a bien sûr certains aspects techniques, historiques et économiques dont il s’agit de rendre compte. Mais nous concentrerons ici notre réflexion aussi et surtout sur les représentations, les idées sinon les idéologies, les mythologies pour ne pas dire les fantasmes sans lesquels nous n’emploierions pas si facilement l’expression « intelligence artificielle » et lui préférerions, plus humblement peut-être, celle de « commodité pratique », d’« assistance au travail », voire tout bêtement celle d’« automatisme ».

Docteur ès lettres en philosophie de l’Université de Lausanne, Jamil Alioui est aussi titulaire d’un diplôme préparatoire aux hautes écoles d’art de l’ECAL. Sa thèse problématise l’informatique «numérique» à partir de la philosophie de la culture de Gilbert Simondon.