Corps en mouvement et imaginaires migratoires

Samedi 07 mars 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La terminologie instituée pour désigner celles et ceux qui se sont déplacés a pour fonction de catégoriser quelque chose comme un coût à venir pour ceux qui les reçoivent : sous « asile », il y a l’injonction morale ; sous « migrant », la répartition économique ; sous « réfugié », l’effort de l’intégration culturelle. L’ensemble de ces termes ne s’élabore pourtant qu’au point d’arrivée d’un trajet et d’un récit, et il ne permet pas de penser ou de contextualiser le mouvement d’un corps, ce qui l’a entrainé hors de son monde. C’est pourtant de cela qu’il s’agit: d’exil – étymologiquement « sauter dehors ». Mais dehors de quoi : de sa condition, de sa terre, de soi-même ? Et qu’est-ce qui a poussé ces corps, et vers quelles fins ? Lors de cette journée nous interrogerons ce que les termes de migrant(s) et d’exilé(s) peuvent nous apporter hors de la systématique du coût et du présupposé de l’intrusion. La rencontre des corps serait, en plus du lieu d’une hospitalité, la rencontre d’une chance qui, à large échelle, réinterroge un possible politique.

Programme

9h30 : Accueil Café + croissants

10h00 : En finir avec les frontières? Par Hugues Poltier (MER en Philosophie – UNIL)

11h15 : Exils croisés. Quelques réflexions à partir d’une chanson italienne et de mon arrière-grand-père. Par Michel Vanni (enseignant de philosophie)

12h15-13h30 : Repas

13h30 : Retours en territoire intime. Présentation du film et projection. Par Amina Djahnine (auteure et réalisatrice)

14h00 : Table ronde avec Amina Djahnine, Hugues Poltier et Simon Mastrangelo (PostDoc au Forum suisse pour l’étude des migrations – UNINE)

15h00 : Roms, la quête infatigable du paradis. Par Yves Leresche, photographe

16h00 : Table ronde avec Valentina Matasci, militante au collectif Droit de rester, et Michel Vanni

17h00 : Conclusion

Politique des genres: quelles assignations pour quels corps?

Mercredi 12 février 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Faut-il inscrire dans la norme pénale antiraciste les discriminations et incitations à la haine basées sur l’orientation sexuelle ? La votation populaire du 9 février est l’occasion de se poser la question du décalage entre les pratiques des corps et leur formalisation dans la loi. De quoi se constituent les structures de l’assignation de genre ? Lors de cette séance, nous interrogeons ce qui se trame entre les corps par rapport aux cadres qui prétendent les assujettir, et selon quelles alternatives politiques l’expression de la complexité d’un corps peut se déployer.

Discussion avec Yves, formateur, et Arun, docteure en doit.

Eco-graphies : décoloniser l’écologie

Samedi 18 janvier 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Les discours portant sur l’écologie voient leur densité affective augmenter depuis une vingtaine d’années et, par là, prennent de la puissance. Ils rassemblent. Mais de quelles idées le diagnostic qui se propage porte-il le nom ? Une tonalité de fond se propose aujourd’hui de mettre l’écologie au premier plan en compactant graphiques et propositions de régulation économique. Tout converge alors autour d’une mobilisation générale au nom de l’urgence écologique. Il convient dès lors d’interroger autrement les bases qui nous permettent de penser et de nous déployer dans nos manières d’habiter.

Lors de cette journée, il s’agira non pas de considérer l’écologie pour elle-même, mais de passer par des portes dérobées, qui nous amèneront dès lors à décaler nos approches: comment la structuration du genre est-elle un dispositif affectant les corps et qui fait varier nos comportements écologiques ? Comment l’éducation tente-t-elle d’ajuster la compréhension des phénomènes terrestres, en vertu de quelle histoire des chocs (pétroliers, nucléaires, ozone, etc.) ? Comment la migration des corps et la détresse des habitats nous conduisent-elles à déplacer les frontières et les ancrages nationaux ? Quels vocabulaires nouveaux et quelles alternatives politiques peuvent-elles redonner du jeu et du soin qui puissent être à la mesure de nos entre-terres mal partagées ?

9h30 : Accueil café – croissants
10h – 10h45 : Introduction: décoloniser l’écologie – Michel Vanni
11h00 – 12h15 : Table ronde: écologie et migration. Avec Amina Benkais-Benbrahim (Déléguée à l’intégration) et Mathias Clivaz (militant et philosophe)
12h15 – 13h30 : Repas
13h30 – 14h15 : Transition écologique: les verrous socio-techniques – Hugues Poltier
14h30 – 15h45 : Table ronde: l’écologie à l’école. Avec Odile Fragnière (étudiante au gymnase Auguste Piccard, membre de la Grève du climat Vaud), Albertine Grbic (étudiante au gymnase de Provence, membre de la Grève du climat Vaud) et Daniel Curnier (docteur en science de l’environnement)
16h00 – 17h15 : Table ronde: écologie et militance. Avec Aurélien Baud (membre de la Grève du climat Vaud) et Oriane Sarrasin (docteure en psychologie)
17h30 : Conclusion

20h Balancer les corps, danse et musique (avec Michel Vanni aux manettes)

Monde(s) et inégalités

Après la pause estivale et covidienne, le groupe de lecture reprend dès le lundi 28 septembre à la Librairie de la Louve de 19h à 22h (les mesures sanitaires établies par l’OFSP seront garanties.)

 

Monde(s) et inégalités : une lecture du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau (1755)

L’Univers, le monde, la nature, les animaux, l’Être humain, l’histoire, la société, la culture, la technique, la civilisation : ces réalités, devenues incertaines, se mêlent et s’emmêlent dans nos discussions, mêlant et emmêlant valeurs, représentations, fragments de savoirs mêlés et entremêlés, d’une manière désormais planétaire. Si les inégalités sociales n’ont jamais été aussi grandes et surtout aussi visibles que maintenant, Jean-Jacques Rousseau concluait déjà en 1755 son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes par les mots suivants : « [u]ne poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire ». Nous terminerons par une réflexion contemporaine autour de la question suivante : le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ?

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ».

Suite et fin du parcours :

  1. 28 septembre : Une humanité en nature ? Lecture de la première partie du Discours
  2. 19 octobre : Une humanité en histoire ? Lecture de la seconde partie du Discours
  3. 23 novembre : Entre Rousseau et nous, Marx ? (avec la participation de Hugues Poltier.)
  4. En janvier : Le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ? (transition avec la lecture de printemps.)

Une vingtaine d’exemplaires du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes sera disponible dès la première séance ou avant par demande mail à info@philo.vaud.ch

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes(1755), suivi du Discours sur les sciences et les arts(1750),Chronologie et introduction par Jacques Roger, Paris, GF-Flammarion, 1992.

Animation : Thierry Laus.

Coordination : Julien Antoine Bovier

Celles d’avant

Le Groupe Vaudois de Philosophie vous propose désormais une gazette qui tisse les liens entre ses diverses séances et accueille diverses voix en écho aux enjeux de la nouvelle formule. 

Elle apparaît à chaque séance puis est téléchargeable sur le site !

Une fois dans vos mains, vous pouvez aussi la laisser dans votre bar préféré, chez votre médecin, dans le sac d’une connaissance ou tout autre lieu de votre choix afin qu’elle ait sa petite vie et rencontre ainsi d’autre mains !

version cahier :

La Gazette n°1 PDF

La Gazette n°2 PDF

La Gazette n°3 PDF

La Gazette n°4 PDF

La Gazette n°6 PDF

La Gazette n°7 PDF

 

Étranges savoirs et monde familier

Mercredi
04.12.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le mot ‘savoir’ vient de ‘sel’ (sapere). Savoir, autrement dit, c’est rehausser le goût du monde, lui donner une saveur différente. C’est travailler à apprivoiser son étrangeté en révélant sa sensualité. Les institutions, de l’école à l’université, semblent bien éloignées de cette conception. Comment aujourd’hui retisser avec le ‘cosmos’ un rapport épicé? quelles formes, quelles pratiques, ce rapport peut-il adopter? tour à tour pédagogues, chercheurs-euses, artistes, nos invité.e.s plaideront pour une vision transversale des connaissances, afin de réfléchir aux manières de nous refamiliariser avec le monde, de façon féconde et résiliente.

Avec Sarah Koller (chercheuse en écopsychologie-UNIL), Richard Timsit (philosophe, directeur du Fablab de Renens), Nicolas Pahlisch (peintre, sculpteur, enseignant) et Gaspard Turin (didacticien, chercheur en littérature – UNIL)

Corps politiques

Mercredi
06.11.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le soin du monde, tel que nous proposons de l’explorer, porte en lui l’idée d’engagement. Dès lors, cette séance s’attachera, entre autres, à penser les formes – étatiques ou non – que peut prendre le politique, les limites d’une conception de la citoyenneté fondée sur l’appartenance à la nation, la manière dont les grands récits permettent – ou non – de créer du commun, ou encore le lien entre alternatives politiques et nécessaire violence.

Avec Quentin Louis Adler (coprésident de ServiceCitoyen.ch), Amina Benkais-Benbrahim (déléguée à l’intégration du Canton de Vaud), Antoine Chollet (chercheur en pensée politique au Centre Walras-Pareto – UNIL), Amina Djahnine (auteure, réalisatrice et monteuse) et Anaïs Timofte (vice-présidente du POP et syndicaliste UNIA).

Le courage de la douceur

Considérée comme une pratique solitaire, la philosophie est souvent présentée à un public ou à une classe afin qu’elle soit transmise et comprise, dans un certain rapport à l’histoire. Dans le cadre de nos rencontres, il s’agira à l’inverse de penser ensemble un objet qui résiste à une définition formelle – la douceur. 

A partir d’une conception de l’ordinaire (selon l’anthropologue E. Chauvier) ainsi que de la relation à la douceur (telle que la propose la philosophe A. Dufourmantelle), nous alternerons lectures et discussions autour de textes de penseurs classiques (Levinas, Bergson, Souriau). Parallèlement, les participants sont invités à composer des fragments de texte à partir d’éléments approchés durant les rencontres afin d’éprouver une autre « pratique » de la philosophie. Ces derniers seront réunis afin de tisser en commun une matière à penser le monde.

Lieu & horaire : Café du Pont (Rue du Peut-St-Jean 7, Lausanne), de 18h30 à 21h.

Des éléments seront à disposition une à deux semaines avant chaque séance. Veuillez manifester votre intérêt à l’adresse suivante philodouceur@gmail.com (max. 25 p.).

Programme

30 septembre – La Douceur comme question (Puissance de la douceur, A. Dufourmantelle)

• Déchiffrement du signe et retour à l’animalité

• Condition d’émergence ?

• Ce qu’elle (nous/leur) fait ?

28 octobre – Intimité de la matière (Matière et Mémoire, H. Bergson ; Recherches philosophiques, L. Wittgenstein)

• La douceur comme mode – familiarité de la matière

• Expérience esthétique et proprioception

• Le goût : carrefour psychanalytique et ontologique

11 novembre – « Et j’ai su à genoux la beauté d’une rose » Barbara (Totalité et infini, E. Levinas, Le Moi-Peau, D. Anzieu ;   Essais florentins, A. Warburg)

• Caresse et préhension : la douceur comme dépossession (in)volontaire

• Avènement de la douceur et métamorphose du moi

• Des douceurs qui nous entourrent : Formules d’émotion et chansons

9 décembre – Résistance de la douceur (Avoir une âme, E. Souriau ; Anthropologie de l’ordinaire, E. Chauvier : Fragments   du discours amoureux, R. Barthes)

• Relations - communauté - douceur : une impuissance du pouvoir : 

• Pour une ordalie de la douceur ?

• Courage de l’intime et nouvelle présence

Concours européen de la chanson philosophique

Le samedi 7 septembre 2019 au Théâtre de Vidy, des représentants du Groupe vaudois de philosophie ont dialogué avec Monder Kilani, Vinciane Despret, Philippe Artières, Mladen Dolar, José Bragança de Miranda, Kristupas Sabolius et Ande Somby, dans le cadre du premier « Samedi Vidy » de la saison.

Ces sept penseurs et penseuses, qui viennent respectivement de Suisse, Belgique, France, Slovénie, Espagne, Lituanie et Norvège, ont chacun.e écrit une chanson du spectacle Concours européen de la chanson philosophique, imaginé et mis en scène par Massimo Furlan et Claire de Ribeaupierre.

La discussion a porté sur la « fabrique » et la « cuisine » de la pensée, sur l’engagement personnel de ces intellectuel.l.es dans l’espace public et sur la place de la réflexion critique dans la société du spectacle et du divertissement.

Lien vers la vidéo du débat.

Informations complémentaires sur le spectacle Concours européen de la chanson philosophique  et sur les “Samedis Vidy“.

Séance du 2 octobre 2019

Mercredi
02.10.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

L’irruption de Gaïa appelle la fin des saisons au Groupe Vaudois de philosophie, avec leurs cycles éternels et rassurants. Face à ce qui nous advient aujourd’hui – migrations, écologie, révoltes politiques, transformations des genres et des savoirs – il convient de rouvrir la pensée comme chantier,  de (re)faire monde dans cet entrelacs de phénomènes aux ampleurs inédites. Cette première séance servira d’invitation à un autre mode de fonctionnement, et laissera une large place à la participation de tous.