Le complotisme et ses experts

Mercredi 11 novembre 2020 à 20h30

Maison de Quartier-sous-Gare (Av. Édouard Dapples 50, Lausanne)

Dans le cadre de notre enquête sur les savoirs et sur leur validation, nous aborderons lors de cette séance la question des diverses théories du complot qui fleurissent sur nos réseaux, notamment celle des “chemtrails”. Comment se situer dans ce champ de bataille où s’affrontent les prétentions à l’expertise, les pouvoirs et les enjeux de classe ?

Jouir et contenir – soirée autour de l’érotisme avec Denise Medico

Mercredi 4 novembre 2020 à 20h30

Maison de Quartier-sous-Gare (Av. Édouard Dapples 50, Lausanne)

Après vingt ans de pratique clinique auprès des personnes qui identifient la sexualité comme la source de leurs souffrances et angoisses, pour Denise Medico, un constat s’impose: nous, individus façonnés dans la société occidentale contemporaine, nous nous identifions très profondément à notre sexualité, elle est le miroir de notre être, le miroir secret ou exposé qui cache ou révèle qui nous avons l’impression d’être. Nous aurions même tendance à le percevoir comme une partie des parties les plus authentiques de notre subjectivité… Mais d’où vient l’Eros et (à) qui sert-il ? Qu’est-ce que sa gestion vient faire au monde et aux corps ? Partant d’autres perspectives, nous nous demanderons aussi si l’érotique n’est pas plutôt affaire d’absence ou n’est pas tout simplement le nom que prend le savoir qui passe par le corps, et ce, hors de cette invention récente qui s’appelle sexualité. 

(Re)faire monde – réapproprier les savoirs

La crise du Covid qui se prolonge, avec sa débauche de courbes et de chiffres menaçants, nous montre à quel point les enjeux liés aux savoirs et aux expertises sont importants dans une société complexe comme la nôtre. Comment “faire monde” à travers une telle intrication de discours et à travers la contradiction des différents modes de validation de ces discours ?

Si tant est que la cohérence et l’unité du monde ne vont jamais de soi, une telle complexité sociale rend néanmoins la condition de l’individu moderne encore plus incertaine. Devient-il nécessaire de mieux développer notre capacité à supporter l’incertitude ? Le danger d’une désarticulation sociale ou d’une simplification outrancière des fronts politiques ne vient-il pas de notre insatiable désir de certitude et de contrôle ?

Et que deviennent les centres officiels du savoir en période de crise et de remise en question globale ? Nous pouvons observer une inquiétude grandissante de la part du savoir universitaire, certifié conforme, face à la montée de rumeurs parallèles, de constructions minoritaires, qui prennent parfois la forme tant honnie de “théories du complot”. Nous pensons qu’il s’agit là d’un symptôme à considérer avec soin, sans le mépriser trop vite du haut de nos supposées connaissances expertes. Et si les individus réclamaient une prise autonome sur leur monde ? Et si ce désir de prise traduisait une angoisse plus profonde, face à une perte en monde ?

Nous souhaitons aussi orienter notre attention vers les trajets de militance sur lesquels débouchent ces nouvelles configurations des savoirs. Que l’on se dresse en faveur du climat, contre les lobbies agro-alimentaires ou plus largement contre la corruption politique, on le fait en fonction de certaines connaissances partagées, et selon des affects qui accompagnent nécessairement les modes de diffusion de ces connaissances. Comment se construisent les trajectoires d’action ? Selon quels récits, quelles temporalités ? Quels enjeux collectifs et politiques s’articulent ainsi autour de la diffusion des savoirs ?

(Re)faire monde – Réapproprier les savoirs

Mercredi 7 octobre 2020
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La crise du Covid nous montre à quel point les enjeux liés aux savoirs et aux expertises sont importants dans une société complexe comme la nôtre.

Les savoirs se construisent et évoluent à partir d’une pluralité que l’évolution historique de notre ère culturelle depuis plus de deux siècles rend irréductible. Nos cohérences intimes et collectives vivent de perpétuelles crises, négociations, transformations et conflits : les types de savoirs entrent en rivalité tant en nous-mêmes que dans l’espace social, produisant une instabilité et une anxiété permanentes auxquelles répondent des stratégies et des attitudes de fuite, de refoulement, d’hystérisation ou de simplification. Nous proposons d’explorer ces tensions à la lumière de trois cas:

Le “hoax” des dauphins à Venise, soi-disant revenus à la faveur du Covid: nous voulons y croire tout en sachant que c’est faux, et cette volonté endeuillée traduit alors quelque chose de notre perception profonde – pour ne pas dire enfantine – du monde.

Les courbes menaçantes qu’on nous donne à voir quotidiennement et qui participent, à travers une prétendue objectivation experte du réel, à l’agitation névrotique collective, tout en instituant l’invisibilité de ce qu’elles ont – sciemment ou non – omis de représenter.

Enfin, une expérience vécue d’engagement de terrain viendra illustrer le va et vient incessant entre conflictualité et complémentarité épistémique. De là, nous questionnerons notre capacité collective à faire monde.