Étranges savoirs et monde familier

Mercredi
04.12.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le mot ‘savoir’ vient de ‘sel’ (sapere). Savoir, autrement dit, c’est rehausser le goût du monde, lui donner une saveur différente. C’est travailler à apprivoiser son étrangeté en révélant sa sensualité. Les institutions, de l’école à l’université, semblent bien éloignées de cette conception. Comment aujourd’hui retisser avec le ‘cosmos’ un rapport épicé? quelles formes, quelles pratiques, ce rapport peut-il adopter? tour à tour pédagogues, chercheurs-euses, artistes, nos invité.e.s plaideront pour une vision transversale des connaissances, afin de réfléchir aux manières de nous refamiliariser avec le monde, de façon féconde et résiliente.

Avec Sarah Koller (chercheuse en écopsychologie-UNIL), Richard Timsit (philosophe, directeur du Fablab de Renens), Nicolas Pahlisch (peintre, sculpteur, enseignant) et Gaspard Turin (didacticien, chercheur en littérature – UNIL)

Corps politiques

Mercredi
06.11.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le soin du monde, tel que nous proposons de l’explorer, porte en lui l’idée d’engagement. Dès lors, cette séance s’attachera, entre autres, à penser les formes – étatiques ou non – que peut prendre le politique, les limites d’une conception de la citoyenneté fondée sur l’appartenance à la nation, la manière dont les grands récits permettent – ou non – de créer du commun, ou encore le lien entre alternatives politiques et nécessaire violence.

Avec Quentin Louis Adler (coprésident de ServiceCitoyen.ch), Amina Benkais-Benbrahim (déléguée à l’intégration du Canton de Vaud), Antoine Chollet (chercheur en pensée politique au Centre Walras-Pareto – UNIL), Amina Djahnine (auteure, réalisatrice et monteuse) et Anaïs Timofte (vice-présidente du POP et syndicaliste UNIA).

Séance du 2 octobre 2019

Mercredi
02.10.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

L’irruption de Gaïa appelle la fin des saisons au Groupe Vaudois de philosophie, avec leurs cycles éternels et rassurants. Face à ce qui nous advient aujourd’hui – migrations, écologie, révoltes politiques, transformations des genres et des savoirs – il convient de rouvrir la pensée comme chantier,  de (re)faire monde dans cet entrelacs de phénomènes aux ampleurs inédites. Cette première séance servira d’invitation à un autre mode de fonctionnement, et laissera une large place à la participation de tous.

(Re)faire monde

Le Groupe Vaudois de Philosophie a pour vocation de partager la réflexion philosophique avec un large public. En collaboration avec la Maison de Quartier Sous-Gare, nous avons choisi de faire sortir la philosophie hors de sa retraite prudente pour la confronter à des discours et à des pratiques ancrées dans des préoccupations quotidiennes.

Aujourd’hui nous souhaitons accentuer cette transformation, pour nous rapprocher des questions qui caractérisent notre époque. Nous ne désirons plus procéder par saisons distinctes, articulées autour de thématiques déconnectées les unes des autres. Notre époque réclame au contraire une attention beaucoup plus soutenue autour d’enjeux spécifiques, ayant une portée aussi globale que locale, jusque dans nos existences les plus concrètes. Il ne s’agira donc plus de sauter d’un thème à un autre, mais de demeurer attachés à quelques enjeux fondamentaux, afin de les tisser ensemble de manière régulière et continue, et dégager par là quelque chose comme une figure de notre temps.

Parmi ces enjeux, nous allons tout d’abord reprendre les questions qui se sont posées lors de notre dernière saison, autour des transformations écologiques et climatiques en cours. En second lieu nous voulons aborder les phénomènes migratoires dans leur tension avec les politiques identitaires et les grands récits. Par ailleurs, le contexte actuel nous engage en troisième lieu à rechercher des alternatives politiques aux modèles étatiques ou supra-étatiques. En quatrième lieu, nous ressentons avec une acuité particulière la mise en question actuelle des représentations liées aux identités sexuelles et aux genres. Enfin, notre époque réclame également un autre régime de circulation des savoirs, et une attention spécifique portée aux modalités de transmission de ces savoirs. Ces cinq enjeux mettent au défi notre capacité à créer un monde commun, à (re)faire monde. C’est là précisément notre préoccupation.

Nous souhaitons faire du Groupe Vaudois un lieu d’échange et de recherche autour de ces questions et de toutes celles qui pourraient en émerger afin de créer une plateforme au sein de laquelle elles puissent s’articuler et trouver un langage commun : c’est un certain soin du monde qui nous entoure que nous voulons cultiver. Il ne s’agit pas de renoncer à toute réflexion fondamentale pour se précipiter dans les urgences de l’actualité, mais au contraire de ralentir pour mieux ressentir d’abord, et chercher à articuler ensuite, les multiples exigences qui nous affectent. 

Dans cette optique, nous souhaitons renforcer nos liens avec tous les groupes et associations qui se préoccupent d’ores et déjà de ces enjeux. Il nous importe alors de créer un lieu d’échange et de convivialité, au sein duquel la philosophie ne doit pas renoncer à la radicalité de sa démarche, mais doit chercher à s’allier à d’autres discours et à d’autres pratiques que les siennes.

Nous continuerons à proposer des soirées le mercredi à la Maison de Quartier, mais nous souhaitons par ailleurs explorer d’autres formats, et multiplier les prises de parole. Nous organiserons également des journées de discussions et ateliers autour des cinq enjeux évoqués plus haut: écologie, migrations, alternatives politiques, genres, et politiques des savoirs. Le public sera ici invité à participer plus activement à la formulation des questions et à la création des savoirs.