De la formation du concept : faire face à l’ordinaire et à la pédagogie

Mercredi 08 avril 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La détermination des termes pose les limites des questions que nous pouvons nous poser. Car la friction qui s’instaure entre un terme mal-analysé (ou inadéquatement construit) et l’expérience du monde rend la question de la pédagogie et de la critique problématique. Pourtant c’est toujours de cette scène là qu’il nous faut partir, car un certain malaise dans le langage est constamment à l’oeuvre dans nos relations. Il sert toujours de point d’appui pour un désir de clarification et d’émancipation. La pesante présence des représentations rencontrées au quotidien amène le désir de faire émerger l’ordinaire et les relations comme éléments fondateurs du sens articulé. C’est dès lors en direction de la métaphore et de ses usages que nous pourrons peut-être trouver un lieu d’articulation du malaise, qui soit susceptible d’en ouvrir la charge créatrice et libératrice.

Corps en mouvement et imaginaires migratoires

Samedi 07 mars 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La terminologie instituée pour désigner celles et ceux qui se sont déplacés a pour fonction de catégoriser quelque chose comme un coût à venir pour ceux qui les reçoivent : sous « asile », il y a l’injonction morale ; sous « migrant », la répartition économique ; sous « réfugié », l’effort de l’intégration culturelle. L’ensemble de ces termes ne s’élabore pourtant qu’au point d’arrivée d’un trajet et d’un récit, et il ne permet pas de penser ou de contextualiser le mouvement d’un corps, ce qui l’a entrainé hors de son monde. C’est pourtant de cela qu’il s’agit: d’exil – étymologiquement « sauter dehors ». Mais dehors de quoi : de sa condition, de sa terre, de soi-même ? Et qu’est-ce qui a poussé ces corps, et vers quelles fins ? Lors de cette journée nous interrogerons ce que les termes de migrant(s) et d’exilé(s) peuvent nous apporter hors de la systématique du coût et du présupposé de l’intrusion. La rencontre des corps serait, en plus du lieu d’une hospitalité, la rencontre d’une chance qui, à large échelle, réinterroge un possible politique. 

Assujettissement et identité : quelles assignations pour quels corps ?

Mercredi 12 février 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Faut-il inscrire dans la norme pénale antiraciste les discriminations et incitations à la haine basées sur l’orientation sexuelle ? La votation populaire du 9 février est l’occasion de se poser la question du décalage entre les pratiques des corps et leur formalisation dans la loi. De quoi se constituent les structures de l’assignation de genre ? Lors de cette séance, nous interrogeons ce qui se trame entre les corps par rapport aux cadres qui prétendent les assujettir, et selon quelles alternatives politiques l’expression de la complexité d’un corps peut se déployer.

Eco-graphies : décoloniser l’écologie

Samedi 18 janvier 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Les discours portant sur l’écologie voient leur densité affective augmenter depuis une vingtaine d’années et, par là, prennent de la puissance. Ils rassemblent. Mais de quelles idées le diagnostic qui se propage porte-il le nom ? Une tonalité de fond se propose aujourd’hui de mettre l’écologie au premier plan en compactant graphiques et propositions de régulation économique. Tout converge alors autour d’une mobilisation générale au nom de l’urgence écologique. Il convient dès lors d’interroger autrement les bases qui nous permettent de penser et de nous déployer dans nos manières d’habiter.

Lors de cette journée, il s’agira non pas de considérer l’écologie pour elle-même, mais de passer par des portes dérobées, qui nous amèneront dès lors à décaler nos approches: comment la structuration du genre est-elle un dispositif affectant les corps et qui fait varier nos comportements écologiques ? Comment l’éducation tente-t-elle d’ajuster la compréhension des phénomènes terrestres, en vertu de quelle histoire des chocs (pétroliers, nucléaires, ozone, etc.) ? Comment la migration des corps et la détresse des habitats nous conduisent-elles à déplacer les frontières et les ancrages nationaux ? Quels vocabulaires nouveaux et quelles alternatives politiques peuvent-elles redonner du jeu et du soin qui puissent être à la mesure de nos entre-terres mal partagées ?

9h30 : Accueil café – croissants
10h – 10h45 : Introduction: décoloniser l’écologie – Michel Vanni
11h00 – 12h15 : Table ronde: écologie et migration. Avec Amina Benkais-benbrahim (Déléguée à l’intégration) et Mathias Clivaz (militant et philosophe)
12h15 – 13h30 : Repas
13h30 – 14h15 : Transition écologique: les verrous socio-techniques – Hugues Poltier
14h30 – 15h45 : Table ronde: l’écologie à l’école.Avec Odile Fragnière (étudiante au gymnase Auguste Piccard, membre de la Grève du climat Vaud), Albertine Grbic (étudiante au gymnase de Provence, membre de la Grève du climat Vaud) et Daniel Curnier (docteur en science de l’environnement)
16h00 – 17h15 : Table ronde: écologie et militance. Avec Aurélien Baud (membre de la Grève du climat Vaud)
17h30 : Conclusion

20h Balancer les corps, danse et musique (avec Michel Vanni aux manettes)

Étranges savoirs et monde familier

Mercredi
04.12.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le mot ‘savoir’ vient de ‘sel’ (sapere). Savoir, autrement dit, c’est rehausser le goût du monde, lui donner une saveur différente. C’est travailler à apprivoiser son étrangeté en révélant sa sensualité. Les institutions, de l’école à l’université, semblent bien éloignées de cette conception. Comment aujourd’hui retisser avec le ‘cosmos’ un rapport épicé? quelles formes, quelles pratiques, ce rapport peut-il adopter? tour à tour pédagogues, chercheurs-euses, artistes, nos invité.e.s plaideront pour une vision transversale des connaissances, afin de réfléchir aux manières de nous refamiliariser avec le monde, de façon féconde et résiliente.

Avec Sarah Koller (chercheuse en écopsychologie-UNIL), Richard Timsit (philosophe, directeur du Fablab de Renens), Nicolas Pahlisch (peintre, sculpteur, enseignant) et Gaspard Turin (didacticien, chercheur en littérature – UNIL)

Corps politiques

Mercredi
06.11.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le soin du monde, tel que nous proposons de l’explorer, porte en lui l’idée d’engagement. Dès lors, cette séance s’attachera, entre autres, à penser les formes – étatiques ou non – que peut prendre le politique, les limites d’une conception de la citoyenneté fondée sur l’appartenance à la nation, la manière dont les grands récits permettent – ou non – de créer du commun, ou encore le lien entre alternatives politiques et nécessaire violence.

Avec Quentin Louis Adler (coprésident de ServiceCitoyen.ch), Amina Benkais-Benbrahim (déléguée à l’intégration du Canton de Vaud), Antoine Chollet (chercheur en pensée politique au Centre Walras-Pareto – UNIL), Amina Djahnine (auteure, réalisatrice et monteuse) et Anaïs Timofte (vice-présidente du POP et syndicaliste UNIA).

Séance du 2 octobre 2019

Mercredi
02.10.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

L’irruption de Gaïa appelle la fin des saisons au Groupe Vaudois de philosophie, avec leurs cycles éternels et rassurants. Face à ce qui nous advient aujourd’hui – migrations, écologie, révoltes politiques, transformations des genres et des savoirs – il convient de rouvrir la pensée comme chantier,  de (re)faire monde dans cet entrelacs de phénomènes aux ampleurs inédites. Cette première séance servira d’invitation à un autre mode de fonctionnement, et laissera une large place à la participation de tous.

(Re)faire monde

Le Groupe Vaudois de Philosophie a pour vocation de partager la réflexion philosophique avec un large public. En collaboration avec la Maison de Quartier Sous-Gare, nous avons choisi de faire sortir la philosophie hors de sa retraite prudente pour la confronter à des discours et à des pratiques ancrées dans des préoccupations quotidiennes.

Aujourd’hui nous souhaitons accentuer cette transformation, pour nous rapprocher des questions qui caractérisent notre époque. Nous ne désirons plus procéder par saisons distinctes, articulées autour de thématiques déconnectées les unes des autres. Notre époque réclame au contraire une attention beaucoup plus soutenue autour d’enjeux spécifiques, ayant une portée aussi globale que locale, jusque dans nos existences les plus concrètes. Il ne s’agira donc plus de sauter d’un thème à un autre, mais de demeurer attachés à quelques enjeux fondamentaux, afin de les tisser ensemble de manière régulière et continue, et dégager par là quelque chose comme une figure de notre temps.

Parmi ces enjeux, nous allons tout d’abord reprendre les questions qui se sont posées lors de notre dernière saison, autour des transformations écologiques et climatiques en cours. En second lieu nous voulons aborder les phénomènes migratoires dans leur tension avec les politiques identitaires et les grands récits. Par ailleurs, le contexte actuel nous engage en troisième lieu à rechercher des alternatives politiques aux modèles étatiques ou supra-étatiques. En quatrième lieu, nous ressentons avec une acuité particulière la mise en question actuelle des représentations liées aux identités sexuelles et aux genres. Enfin, notre époque réclame également un autre régime de circulation des savoirs, et une attention spécifique portée aux modalités de transmission de ces savoirs. Ces cinq enjeux mettent au défi notre capacité à créer un monde commun, à (re)faire monde. C’est là précisément notre préoccupation.

Nous souhaitons faire du Groupe Vaudois un lieu d’échange et de recherche autour de ces questions et de toutes celles qui pourraient en émerger afin de créer une plateforme au sein de laquelle elles puissent s’articuler et trouver un langage commun : c’est un certain soin du monde qui nous entoure que nous voulons cultiver. Il ne s’agit pas de renoncer à toute réflexion fondamentale pour se précipiter dans les urgences de l’actualité, mais au contraire de ralentir pour mieux ressentir d’abord, et chercher à articuler ensuite, les multiples exigences qui nous affectent. 

Dans cette optique, nous souhaitons renforcer nos liens avec tous les groupes et associations qui se préoccupent d’ores et déjà de ces enjeux. Il nous importe alors de créer un lieu d’échange et de convivialité, au sein duquel la philosophie ne doit pas renoncer à la radicalité de sa démarche, mais doit chercher à s’allier à d’autres discours et à d’autres pratiques que les siennes.

Nous continuerons à proposer des soirées le mercredi à la Maison de Quartier, mais nous souhaitons par ailleurs explorer d’autres formats, et multiplier les prises de parole. Nous organiserons également des journées de discussions et ateliers autour des cinq enjeux évoqués plus haut: écologie, migrations, alternatives politiques, genres, et politiques des savoirs. Le public sera ici invité à participer plus activement à la formulation des questions et à la création des savoirs.