Compost I – Faire mondes avec les gènes, les bactéries, les vers de terre et les arbres

Mercredi
20.03.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Par Philip Clark et Alain Kaufmann, du Groupe vaudois de philosophie et Université de Lausanne.

La biologie et l’écologie nous offrent aujourd’hui des connaissances et des concepts, qui peuvent entrer en résonance avec une philosophie de la nature-culture susceptible de renouveler notre vision des mondes. L’un des principaux obstacles à l’émergence d’une écologie en actes et en pensées, réside peut-être dans la notion d’ « environnement » qui présuppose un extérieur et un intérieur, un royaume de l’humain baigné dans une nature extra-humaine. Nous n’avons jamais à faire à un environnement mais à des « milieux » dans lesquels humains, végétaux, animaux et minéraux interagissent et se recomposent dans un tissu sans couture.

Croisière Toxique

Mercredi
13.02.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Par François Thoreau, post-doctorant, Spiral, ULiège, et Alexis Zimmer, post-doctorant, Centre Alexandre Koyré, EHESS.

Comment se réapproprier un territoire pollué ? La croisière toxique est un dispositif d’enquête fluviale, une généalogie rugueuse de la vallée de la Meuse, faisant émerger une histoire conflictuelle de l’industrialisation. À rebours de la lecture nostalgique, héroïque et technophile qui domine l’histoire de ce bassin industriel, les croisières toxiques explorent d’autres récits et d’autres registres de sensibilité, cherchent des prises dans cette histoire et ses héritages — faits de conflits, d’aménagements, de désindustrialisation massives et de sols pollués. Comment défaire le caractère d’évidence de l’histoire et permettre sa réappropriation ? Comment rendre le territoire à nouveau polémique ? Par François Thoreau, post-doctorant, Spiral, ULiège, et Alexis Zimmer, post-doctorant, Centre Alexandre Koyré, EHESS.

Incorporer le monde. Aimer le chasselas. Penser la révolution.

Mercredi
23.01.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Présentation par Alexandre Grandjean (Doctorant à l’Institut de sciences sociales des religions) Avec la participation de Pierre Fonjallaz et Jean-Christophe Piccard. Association Lavaux VinBio.

Le vivant – qu’il soit humain et non-humain – habite le monde à travers son expérimentation des sens et ses interactions constantes avec les autres êtres. Depuis une vingtaine d’année, un mouvement au sein des vignerons suisses revendique une connaissance intime et sensorielle de leurs plantes, de la composition de leurs sols (les fameux terroirs) et de leur situation dans le vignoble et la société. Derrière l’appellation générique de biodynamie se recoupe autant une expérimentation des corps, une contestation des systèmes d’expertise technoscientifiques qu’une philosophie écosystémique de la relation.

Nous aborderons ces différents thèmes directement à travers le vin. Il s’agira ainsi de placer aux oubliettes les conventions de dégustation, les jeux de distinction entre ceux qui savent et ceux qui ignorent, pour réfléchir et ressentir sur nos manières d’habiter le monde et de l’aménager à la hauteur de nos espérances et de nos utopies.

Ce soir-là, dégustation de vin, récits engagés de praticiens, et éclairages anthropologiques vous feront voyager plus loin et mieux qu’Easyjet: en vous-même.

Revitaliser la démocratie par l’écologie: long terme, représentation politique et biens communs

Mercredi
5.12.2018
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Par Dominique Bourg, philosophe, professeur à l’Université de Lausanne

L’absence de décisions et d’actions à la hauteur des enjeux écologiques s’explique notamment par une inadaptation de nos institutions politiques. La démocratie représentative, comme le droit qui la fonde, ne sont pas en mesure de prendre en compte la question du long terme, de représenter véritablement les intérêts des non-humains, ou de protéger les biens communs qui conditionnent nos existences. Il existe pourtant des moyens délibératifs et institutionnels pour revitaliser la politique. Sauvegarder la biosphère exige en premier lieu de repenser la démocratie elle-même.

Comment répondre de façon non barbare au surgissement de Gaïa? Rencontre avec Isabelle Stengers

Lundi
19.11.2018
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Plusieurs membres du Groupe vaudois ouvriront une conversation avec la philosophe Isabelle Stengers autour de quelques grands thèmes de sa pensée: Quels types de réponses politiques sont possibles à l’heure de la catastrophe écologique? Quels rôles nouveaux peuvent jouer les sciences dans ces réponses? Comment renouveler nos capacités de pensée et d’imagination? Comment prendre soin de la pluralité de nos expériences du monde?

Isabelle Stengers, professeure émérite de l’Université Libre de Bruxelles, est une des auteures francophones majeures en philosophie des sciences. Elle a aussi écrit sur l’écologie ou la pensée féministe.

La discussion sera animée par Bernadette Bensaude-Vincent, professeure émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, philosophe et historienne des sciences et des techniques.

Cette soirée est co-organisée avec l’Interface sciences-société de l’UNIL.

Encore l’Apocalypse! (Fictions, catastrophes et expériences du soin)

Mercredi
31.10.2018
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La fiction littéraire et cinématographique a toujours exploité le thème de la catastrophe. D’Armageddon à La Route en passant par Ravage ou Le Jour d’après, nous prenons plaisir à imaginer la destruction potentielle de toute civilisation. Mais ce désir de catastrophe, auquel nous souscrivons le temps d’un film ou d’une lecture, s’ancre dans un besoin profond: celui de nous renouveler, d’imaginer d’autres mondes, d’autres manières d’être. Nous explorerons durant cette séance les vertus insoupçonnées de ces fictions-catastrophes. Et si, en simulant la destruction du monde, nous cherchions en fait à le préserver, à l’améliorer?

Nous aurons le plaisir de recevoir à cette occasion Camille Vallotton, qui vient de publier aux éditions Hélice Hélas Speculum Mortis, une bande-dessinée post-apocalyptique, et qui évoquera pour nous la place de l’imaginaire de la catastrophe dans son travail de création. Cette séance sera animée par Colin Pahlisch, doctorant à l’UNIL et formateur en philosophie à l’UPL.

Découvrez des planches de Camille Vallotton (dossier à télécharger)

La Terre: État des lieux

Mercredi
3.10.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Pour cette première séance, nous souhaitons présenter un état des connaissances concernant notre planète et son fonctionnement: quelle unité forme le système terre? Quelle solidarité lie le vivant au sein de la biosphère? Quelles rétroactions sont ici à l’œuvre? Quelles menaces pèsent sur cette fragile enveloppe? Pour nous présenter cet état des lieux et ces notions de base, nous aurons le plaisir d’accueillir Augustin Fragnière, philosophe et spécialiste des questions de climat et de durabilité écologique à l’Université de Lausanne.

Affects et expérimentations politiques: inventer de nouvelles formes de vie

Mercredi
21.03.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Il n’y a pas de politique sans affects. Ceux-ci se combinent ou s’opposent, augmentant ou diminuant la puissance des protagonistes de l’action politique. Certains considèrent que la démocratie représentative, parlementaire, constitue l’état final de la démocratie, alors que d’autres souhaitent perfectionner et étendre cette dernière pour favoriser l’émergence de nouvelles formes de vie. Ces formes passent souvent par un (ré-)ancrage fort sur le territoire. Notre époque est celle de l’affrontement entre «les Terriens» de la relocalisation et «les Martiens» de la globalisation. Le cas des «zones à défendre» (ZAD) nous fournira l’occasion d’illustrer comment le désir de démocratie radicale et de communauté est susceptible d’ouvrir de nouveaux possibles face à une vision rachitique du politique.

Toute la joie du monde

Mercredi
13.06.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Retour sur le projet spinozien avec Michel Vanni.

La pensée de Spinoza culmine au livre V de l’Ethique dans une compréhension active de la Substance divine: ce qu’il appelle amour intellectuel de Dieu. Cette compréhension aimante de la Nature et de son ordre doit selon Spinoza nous conduire à une Joie durable: une véritable béatitude. Un tel affect puissant correspond également à une connaissance dite de troisième genre, qui ne procède plus par notions générales mais saisit chaque chose singulière dans sa spécificité, en tant que mode fini de la Substance divine.

Il s’agira tout d’abord de retracer fidèlement l’enthousiasme joyeux exprimé par la conception spinozienne, avant de nous interroger sur la possibilité d’expérimenter pour nous-mêmes une telle joie compréhensive vis-à-vis du monde. En particulier, on s’interrogera sur notre capacité à saisir l’infinité de la Substance, et à saisir cette substance elle-même. Peut-on imaginer une version moins optimiste de la pensée de Spinoza, moins confiante en notre capacité de saisir l’Infini, mais qui en conserve la puissance de Joie ? On s’efforcera alors de promouvoir la possibilité d’une joie dans et de la finitude, en prenant notamment appui sur la pensée écologique de Arne Naess, elle-même inspirée librement de Spinoza.

Le théâtre – vecteur d’exploration de «ce que peut le corps»

Mercredi
16.05.2018,
18h30 et 
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Avec Denis Guénoun, philosophe et inventeur en théâtre

Autour et à partir de Aux Corps Prochains (sur une pensée de Spinoza) et de Une pensée en jeu de scène, article pour la RMM

Denis Guénoun est philosophe, intime connaisseur de la pensée de Spinoza et actif dans les arts de la scène, en particulier ce qu’on a coutume d’appeler «théâtre».

Une des questions rectrices de son travail est impulsée par la fameuse remarque de Spinoza que nous ne savons pas «ce que peut le corps». Donner vie à cette interrogation, la rendre sensible en quelque sorte est au cœur du travail d’invention scénique que poursuit Guénoun au Théâtre national de Chaillot puis au TNP de Villeurbane. Dans cette lignée, il réalise en 2015 un spectacle intitulé Aux corps prochains (sur une pensée de Spinoza), spectacle filmé et mis à disposition sur le site personnel de l’auteur (http://denisguenoun.org/theatre/videos-integrales/). Il a par ailleurs été sollicité pour produire et livrer à la Revue de métaphysique et de morale un texte – Une pensée en jeu de scène – dans lequel il réfléchit sa pratique théâtrale.

L’idée de cette soirée est d’engager un dialogue avec Denis Guénoun – autour de la question et de sa manière de lui donner vie dans le théâtre et dans l’écriture philosophique. Sa fécondité suppose que les participants aient pu voir le spectacle et pris connaissance d’une manière ou d’une autre du texte (court : il fait 8 pages. Il est mis à disposition ici). À cette fin, la MdQ organise, en ouverture de soirée à partir de 18h30, une projection du spectacle «Aux corps prochains» (durée: un peu moins de 1h10’) qui sera accompagnée d’une présentation de l’article cité. Un intermède-apéritif suivra ce premier moment et à 20h30, heure habituelle, nous retrouverons Denis Guénoun pour un entretien, à partir de et autour du spectacle et de son texte. Ayant déjà prononcé à plusieurs reprises cette conférence, il a formulé le vœu que la soirée soit un échange plutôt qu’un exposé. La formule nous a semblé suffisamment intéressante et stimulante pour que nous acceptions cette offre.

C’est donc à une soirée d’échanges autour du théâtre comme vecteur d’exploration de ce que peut le corps que nous vous convions pour cette séance. Le défi est de parvenir à entrer dans une pensée se faisant dans et par le dialogue et la rencontre ainsi que le heurt des corps.

Nous vous espérons nombreux à le relever!