Ce que peut le Corps…

Mercredi
21.03.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

«Ce que peut le Corps, personne jusqu’à présent ne l’a déterminé…» (Éthique III, 2, sc). Il s’agira d’entrer dans de libres variations autour de cette idée de notre ignorance de «ce que peut le corps» et des lignes d’ouverture laissées à qui accueille ce non-savoir. Avec la participation volontaire et involontaire de Gilles Deleuze, Denis Guénoun, et d’autres encore.

Les affects en psychopédagogie: feu sacré ou substance inflammable?

Mercredi
07.02.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Question traitée à la lumière croisée de quelques propositions de Spinoza sur les affects et de Freud sur la psyché.

Comment saisir et faire face adéquatement à la dynamique des affects dans l’éducation vaudoise? Et plus particulièrement, en milieu scolaire, comment prendre en considération les relations affectives dans la conduite des classes et des élèves sans céder à l’arbitraire des émotions; ni non plus, à l’autre extrême, à une rigidité moralisatrice ou à un déni relationnel déshumanisant? Cette problématique passionnante sera abordée en revenant sur une réflexion menée avec les directeurs et directrices des établissements scolaires vaudois, en 2013, dans le cadre de leur séminaire annuel de formation.

Après une contribution introductive de Philip Clark, la thématique sera présentée par Jacques Zwahlen, avec la participation du professeur Jacques Besson, chef du Service de psychiatrie communautaire du CHUV, et de Marc Ducret, directeur de l’établissement scolaire primaire et secondaire de La Tour-de-Peilz, ancien président de l’Association des Directeurs‐trices des Etablissements Scolaires Vaudois (ADESOV).

Mes affects et moi, une affaire compliquée…

Mercredi
10.01.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Cette 4e séance de notre saison sera consacrée à la question des affects, ce qu’on appelle plus communément «les passions». L’affaire est d’importance puisqu’elle met en question pas moins que la question de la liberté, de sa possibilité: sommes-nous gouvernés sans reste par l’enchaînement nécessaire de nos passions? Grégoire Ventura orchestrera notre navigation dans les méandres de ces questions en partant du conatus inhérent à toutes choses pour arriver au désir humain et l’exemplification de celui-ci dans le cadre d’une passion amoureuse…

Hugues Poltier présentera un cartouche de 20’ sur un thème fameux de Spinoza: les genres de connaissance.

Durant cette soirée, il sera question des affects, notion fondamentale chez Spinoza. Pour les comprendre, nous évoquerons d’abord le principe général à l’œuvre dans toutes les manifestations de la nature, le conatus, qui n’est autre que l’effort de chaque chose de persévérer indéfiniment en son être. Nous nous intéresserons ensuite à un cas particulier de ce conatus, celui de l’être humain, qui prend la forme de la cupiditas (qui n’a pas en latin le sens péjoratif du mot français qui en dérive), soit le désir fondamental de l’être humain de conserver son être, ainsi que des sentiments tantôt de tristesse, tantôt de joie, qui lui sont intimement liés. 

Nous verrons alors que ces affects sont la véritable boussole de l’être humain lui permettant de construire son éthique: celui-ci désire une chose non pas parce qu’elle est bonne, mais c’est parce qu’il la désire qu’elle est bonne. Quel désir désirer? Voici la question que Spinoza pose en plein. Par le biais de quelle liberté, si le libre-arbitre n’existe pas?

Et parmi tous ces affects aiguillant le désir, se cachent des dangers majeurs pour le sujet qui les ressent. Ainsi, s’il est en proie à des passions trop vives, l’homme risque bien de courir tout droit à sa perte, et parfois, selon le mot du Poète qu’aime à citer Spinoza, voir le meilleur, mais faire malgré tout le pire. Mais c’est également au coeur même des affects qu’émergeront les remèdes aux dangers.

Et pour tenter de mieux cerner encore cette notion, nous explorerons les propositions de l’Ethique de Spinoza qui décortiquent les mécanismes de l’amour, en particulier entre un homme et une femme, sujet qui n’a semble-t-il pas laissé indifférent Spinoza, et exemplifierons notre propos, pourquoi pas, par quelques courts extraits d’un film classique.

Nouvelles trajectoires de la pensée

NOUVELLES TRAJECTOIRES DE LA PENSÉE – 6
LES OUTILS DE L’ÉMANCIPATION

Jeudi 14 décembre, 20h30
Le Café littéraire
Quai Perdonnet 33, Vevey

Autour du livre d’Éloi Laurent, Nos Mythologies Économiques (LLL, 2016)
par Philip Clark

«L’économie est devenue la grammaire de la politique… La politique parle de nos jours sous réserve d’une validation économique, et on le rappelle promptement à l’ordre dès que son verbe prétend s’affranchir de la tutelle du chiffre. Or cette grammaire n’est ni une science, ni un art, mais bien plutôt une mythologie, une croyance en un ensemble de représentations collectives fondatrices et régulatrices jugées dignes de foi, aussi puissantes que contestables…» 

Philip Clark, membre du groupe vaudois de philosophie, contestera donc avec Eloi Laurent certaines injonctions qui entravent nos imaginations et nos désirs et propagent une sorte de vulgate dont il est temps de se délester.

Dans le cadre du cycle de rencontres Nouvelles trajectoires de la pensée – Les outils de l’émancipation. Ce partenariat du Groupe Vaudois et du Café Littéraire est dédié à explorer les nouvelles trajectoires de la pensée philosophique et les outils de l’émancipation contemporaine. Le format de ces rencontres est très simple: un auteur, un livre, présentés par un membre de notre comité ou un-e invité-e. Il s’agira alors d’en suivre les arguments, d’explorer ses ramifications pour enfin discuter de ses thèses.

Tiens, j’ai une idée! … Qu’est-ce qui m’arrive?

Mercredi
06.12.2017,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Idée, concept, représentation, autant de termes qui foisonnent autour de nous. Qu’il s’agisse de développer un concept pour un nouveau produit à vendre, de se faire une idée d’une situation donnée, ou de s’interroger sur la représentation que l’on aurait de telle culture: peut-on voir se dessiner un trait commun à ces activités? Des écrits de Spinoza à leur actualisation dans la champ de la musique, cette soirée sera l’occasion de se plonger dans ces problématiques d’hier et d’aujourd’hui.

Dans un premier temps, assuré par David Pagotto, il s’agira de se plonger dans le dualisme proposé par Descartes entre passions corporelles et activités de l’esprit, dualisme que Spinoza ne cessa de combattre. Ce sera ensuite l’occasion d’explorer cette dimension de la pensée de Spinoza qu’est l’activité mentale. Pour ce faire, on donnera quelques outils afin de se glisser dans l’Ethique – ce texte aussi aventureux à ouvrir pour la première fois que fascinant à explorer lorsqu’on sait un peu mieux y faire.

Dans un second temps plus expérimental, assuré par Jamil Alioui, les pouvoirs éclairants des concepts spinozistes seront mis à contribution d’une certaine compréhension de la musique composée. La bonne idée musicale n’est-elle pas la plus capable de persister dans son être (Bach)? La véritable liberté d’expression ne s’obtient-elle pas au cœur des contraintes les plus rudes (Boulez)? La composition musicale n’est-elle pas un moyen de connaître more geometrico les causes de nos affects et de nos désirs (Schönberg)? Il s’agira de discuter, mais aussi d’écouter des extraits musicaux.

Dieu au coin du feu

Mercredi
01.11.2017,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Cette soirée sera consacrée à Dieu, parbleu!

Dieu en ce début de XXIe siècle fait partout retour. Sur ce sujet, Spinoza fait une drôle d’hypothèse: pour comprendre l’homme, il faut comprendre Dieu. Cette déclaration est pour le moins surprenante car les monothéismes se caractérisent à peu près tous par l’affirmation inverse: Dieu est à strictement parler inconnaissable. Alors qu’en est-il? Peut-on oui ou non comprendre Dieu?

Pour Spinoza, comme on le verra, Dieu est à la fois la clé de voûte d’un système de pensée extrêmement rigoureux (1ere partie de l’Ethique) et l’horizon qui permet à l’homme de s’élever vers une joie sans entrave (5e partie de l’Ethique). Dieu ouvre et clôt son propos.

Alors comme il faut bien commencer par le commencement, Michel Vanni introduira la notion de Dieu telle que Spinoza la formule dans l’Ethique, son ouvrage majeur.

S’ouvrira ensuite un débat entre Spinoza lui-même (Grégoire Ventura), un calviniste d’une pureté inoxydable (Jacques Zwahlen), une représentante de la société civile, témoin de toutes les minorités (Camelia Cioara) et une sorte de néo-spinoziste qui demandera ce qu’il en serait si l’on retirait purement et simplement Dieu de l’équation spinoziste tout en gardant la cohérence, la fertilité et donc la beauté de son système (Philip Clark). La discussion, pour ne pas sombrer dans des formes d’excommunication diverses et variées, sera modérée par Hugues Poltier.

Spinoza, une vie de philosophe

Mercredi
04.10.2017,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Nous ouvrons cette saison consacrée à Spinoza (1632-1677) par une présentation à plusieurs voix de sa vie, de son milieu, de quelques événements saillants qui l’ont marquée et façonnée. Il s’y agit de donner à sentir quelque chose de l’atmosphère de l’Amsterdam du 2e tiers du 17e siècle et de l’expérience qu’a pu y être celle d’un homme, né juif, répudié par sa communauté, dans les secousses politiques, économiques et intellectuelles qui ébranlent alors l’Europe. 

La question directrice en est: qu’a impliqué le choix d’une vie philosophique pour un homme, né Juif dans les Provinces-Unies, réputées pour leur tolérance confessionnelle, leur prospérité acquise à la faveur de la prééminence dans le commerce transatlantique et dans l’entreprise coloniale, ainsi que la renommée sans égale de leurs plus grands peintres (Bruegel, Rembrandt, Vermeer) … et, pour toutes ces raisons, suscitant la curiosité, la contrariété et les convoitises des grandes puissances européennes…?

Cette présentation alternera des modes “théâtralisés” et de récitants, à voix plurielles et s’accompagnera d’une riche imagerie de l’Amsterdam et des Provinces-Unies du 17e siècle.

Balade sous gare avec Pierre Corajoud

Mardi
05.09.2017
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne) 

Dernière soirée de la saison 16-17!
19h: Balade
20h30 : Verrée

Pour clore cette saison, le célèbre marcheur lausannois nous proposera une balade dans le quartier sous-gare, durant laquelle nous pourrons aborder différents thèmes chers à nos préoccupations durant cette année: l’appropriation du territoire, les biens communs du quartier, ou encore les mutations en cours du quartier (transports, pôle muséal, gentrification).

Pierre Corajoud habite le quartier sous-gare depuis l’âge de 5 ans. Ethnologue et géographe de formation, il est passionné de promenades et de flâneries. Depuis 1997, il a accompagé plus d’un millier de balades, dont la moitié à Lausanne, contribuant ainsi à faire découvrir des aspects de la ville peu connus des lausannois. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont Le Temps d’une flânerie, Impressions d’un aventurier du proche (2002), et Le chemin de Jean-Jacques Rousseau (2007).

Nouvelles trajectoires de la pensée

NOUVELLES TRAJECTOIRES DE LA PENSÉE – 5
LES OUTILS DE L’ÉMANCIPATION

Mercredi 14 juin, 20h30
Le Café littéraire
Quai Perdonnet 33, Vevey

Comité invisible
par Michel Vanni

«Gouverner n’a jamais été autre chose que repousser par mille subterfuges le moment où la foule vous pendra, et tout acte de gouvernement rien qu’une façon de ne pas perdre le contrôle de la population» (Comité invisible, L’insurrection qui vient, 2007, Éditions La Fabrique).

Michel Vanni, docteur en philosophie de l’Université de Lausanne, nous parlera de ce mystérieux essai politique, «dont les rédacteurs ne sont pas les auteurs».

Le livre est disponible gratuitement en pdf sur le site de l’éditeur.

Dans le cadre du cycle de rencontres Nouvelles trajectoires de la pensée – Les outils de l’émancipation. Ce partenariat du Groupe Vaudois et du Café Littéraire est dédié à explorer les nouvelles trajectoires de la pensée philosophique et les outils de l’émancipation contemporaine. Le format de ces rencontres est très simple: un auteur, un livre, présentés par un membre de notre comité ou un-e invité-e. Il s’agira alors d’en suivre les arguments, d’explorer ses ramifications pour enfin discuter de ses thèses.

Ouvrir le territoire: squats et occupation

Mercredi 10.05.2017, 20h30
Maison de Quartier sous-gare

Cette soirée, organisée avec la complicité de notre ami Mathias Clivaz, sera l’occasion de discuter différentes formes et variantes de l’occupation de maison ou d’immeuble. Quelles nécessités, projets politiques et/ou idéal de communauté sous-tendent cette façon d’habiter, entre temporaire et durable, illégal et légitime, protection et ouverture? Quels potentiels pour une vie de quartier, et à quelle perception du territoire le squat peut-il inviter?

Dans cette soirée, nous construirons une réflexion collective autour de grandes questions autant que d’expériences singulières. Nous mettrons l’accent sur une conversation attentive et horizontale, sur le mode du «bocal à poissons» déjà expérimenté lors d’une saison précédente. Pas de présentations ex cathera cette fois-ci, mais une mise en commun de questions.