Incorporer le monde. Aimer le chasselas. Penser la révolution.

Mercredi
23.01.2019
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Présentation par Alexandre Grandjean (Doctorant à l’Institut de sciences sociales des religions) Avec la participation de Pierre Fonjallaz et Jean-Christophe Piccard. Association Lavaux VinBio.

Le vivant – qu’il soit humain et non-humain – habite le monde à travers son expérimentation des sens et ses interactions constantes avec les autres êtres. Depuis une vingtaine d’année, un mouvement au sein des vignerons suisses revendique une connaissance intime et sensorielle de leurs plantes, de la composition de leurs sols (les fameux terroirs) et de leur situation dans le vignoble et la société. Derrière l’appellation générique de biodynamie se recoupe autant une expérimentation des corps, une contestation des systèmes d’expertise technoscientifiques qu’une philosophie écosystémique de la relation.

Nous aborderons ces différents thèmes directement à travers le vin. Il s’agira ainsi de placer aux oubliettes les conventions de dégustation, les jeux de distinction entre ceux qui savent et ceux qui ignorent, pour réfléchir et ressentir sur nos manières d’habiter le monde et de l’aménager à la hauteur de nos espérances et de nos utopies.

Ce soir-là, dégustation de vin, récits engagés de praticiens, et éclairages anthropologiques vous feront voyager plus loin et mieux qu’Easyjet: en vous-même.

Revitaliser la démocratie par l’écologie: long terme, représentation politique et biens communs

Mercredi
5.12.2018
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Par Dominique Bourg, philosophe, professeur à l’Université de Lausanne

L’absence de décisions et d’actions à la hauteur des enjeux écologiques s’explique notamment par une inadaptation de nos institutions politiques. La démocratie représentative, comme le droit qui la fonde, ne sont pas en mesure de prendre en compte la question du long terme, de représenter véritablement les intérêts des non-humains, ou de protéger les biens communs qui conditionnent nos existences. Il existe pourtant des moyens délibératifs et institutionnels pour revitaliser la politique. Sauvegarder la biosphère exige en premier lieu de repenser la démocratie elle-même.

Comment répondre de façon non barbare au surgissement de Gaïa? Rencontre avec Isabelle Stengers

Lundi
19.11.2018
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Plusieurs membres du Groupe vaudois ouvriront une conversation avec la philosophe Isabelle Stengers autour de quelques grands thèmes de sa pensée: Quels types de réponses politiques sont possibles à l’heure de la catastrophe écologique? Quels rôles nouveaux peuvent jouer les sciences dans ces réponses? Comment renouveler nos capacités de pensée et d’imagination? Comment prendre soin de la pluralité de nos expériences du monde?

Isabelle Stengers, professeure émérite de l’Université Libre de Bruxelles, est une des auteures francophones majeures en philosophie des sciences. Elle a aussi écrit sur l’écologie ou la pensée féministe.

La discussion sera animée par Bernadette Bensaude-Vincent, professeure émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, philosophe et historienne des sciences et des techniques.

Cette soirée est co-organisée avec l’Interface sciences-société de l’UNIL.

Encore l’Apocalypse! (Fictions, catastrophes et expériences du soin)

Mercredi
31.10.2018
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La fiction littéraire et cinématographique a toujours exploité le thème de la catastrophe. D’Armageddon à La Route en passant par Ravage ou Le Jour d’après, nous prenons plaisir à imaginer la destruction potentielle de toute civilisation. Mais ce désir de catastrophe, auquel nous souscrivons le temps d’un film ou d’une lecture, s’ancre dans un besoin profond: celui de nous renouveler, d’imaginer d’autres mondes, d’autres manières d’être. Nous explorerons durant cette séance les vertus insoupçonnées de ces fictions-catastrophes. Et si, en simulant la destruction du monde, nous cherchions en fait à le préserver, à l’améliorer?

Nous aurons le plaisir de recevoir à cette occasion Camille Vallotton, qui vient de publier aux éditions Hélice Hélas Speculum Mortis, une bande-dessinée post-apocalyptique, et qui évoquera pour nous la place de l’imaginaire de la catastrophe dans son travail de création. Cette séance sera animée par Colin Pahlisch, doctorant à l’UNIL et formateur en philosophie à l’UPL.

Découvrez des planches de Camille Vallotton (dossier à télécharger)

La Terre: État des lieux

Mercredi
3.10.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Pour cette première séance, nous souhaitons présenter un état des connaissances concernant notre planète et son fonctionnement: quelle unité forme le système terre? Quelle solidarité lie le vivant au sein de la biosphère? Quelles rétroactions sont ici à l’œuvre? Quelles menaces pèsent sur cette fragile enveloppe? Pour nous présenter cet état des lieux et ces notions de base, nous aurons le plaisir d’accueillir Augustin Fragnière, philosophe et spécialiste des questions de climat et de durabilité écologique à l’Université de Lausanne.

Affects et expérimentations politiques: inventer de nouvelles formes de vie

Mercredi
21.03.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Il n’y a pas de politique sans affects. Ceux-ci se combinent ou s’opposent, augmentant ou diminuant la puissance des protagonistes de l’action politique. Certains considèrent que la démocratie représentative, parlementaire, constitue l’état final de la démocratie, alors que d’autres souhaitent perfectionner et étendre cette dernière pour favoriser l’émergence de nouvelles formes de vie. Ces formes passent souvent par un (ré-)ancrage fort sur le territoire. Notre époque est celle de l’affrontement entre «les Terriens» de la relocalisation et «les Martiens» de la globalisation. Le cas des «zones à défendre» (ZAD) nous fournira l’occasion d’illustrer comment le désir de démocratie radicale et de communauté est susceptible d’ouvrir de nouveaux possibles face à une vision rachitique du politique.

Toute la joie du monde

Mercredi
13.06.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Retour sur le projet spinozien avec Michel Vanni.

La pensée de Spinoza culmine au livre V de l’Ethique dans une compréhension active de la Substance divine: ce qu’il appelle amour intellectuel de Dieu. Cette compréhension aimante de la Nature et de son ordre doit selon Spinoza nous conduire à une Joie durable: une véritable béatitude. Un tel affect puissant correspond également à une connaissance dite de troisième genre, qui ne procède plus par notions générales mais saisit chaque chose singulière dans sa spécificité, en tant que mode fini de la Substance divine.

Il s’agira tout d’abord de retracer fidèlement l’enthousiasme joyeux exprimé par la conception spinozienne, avant de nous interroger sur la possibilité d’expérimenter pour nous-mêmes une telle joie compréhensive vis-à-vis du monde. En particulier, on s’interrogera sur notre capacité à saisir l’infinité de la Substance, et à saisir cette substance elle-même. Peut-on imaginer une version moins optimiste de la pensée de Spinoza, moins confiante en notre capacité de saisir l’Infini, mais qui en conserve la puissance de Joie ? On s’efforcera alors de promouvoir la possibilité d’une joie dans et de la finitude, en prenant notamment appui sur la pensée écologique de Arne Naess, elle-même inspirée librement de Spinoza.

Le théâtre – vecteur d’exploration de «ce que peut le corps»

Mercredi
16.05.2018,
18h30 et 
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Avec Denis Guénoun, philosophe et inventeur en théâtre

Autour et à partir de Aux Corps Prochains (sur une pensée de Spinoza) et de Une pensée en jeu de scène, article pour la RMM

Denis Guénoun est philosophe, intime connaisseur de la pensée de Spinoza et actif dans les arts de la scène, en particulier ce qu’on a coutume d’appeler «théâtre».

Une des questions rectrices de son travail est impulsée par la fameuse remarque de Spinoza que nous ne savons pas «ce que peut le corps». Donner vie à cette interrogation, la rendre sensible en quelque sorte est au cœur du travail d’invention scénique que poursuit Guénoun au Théâtre national de Chaillot puis au TNP de Villeurbane. Dans cette lignée, il réalise en 2015 un spectacle intitulé Aux corps prochains (sur une pensée de Spinoza), spectacle filmé et mis à disposition sur le site personnel de l’auteur (http://denisguenoun.org/theatre/videos-integrales/). Il a par ailleurs été sollicité pour produire et livrer à la Revue de métaphysique et de morale un texte – Une pensée en jeu de scène – dans lequel il réfléchit sa pratique théâtrale.

L’idée de cette soirée est d’engager un dialogue avec Denis Guénoun – autour de la question et de sa manière de lui donner vie dans le théâtre et dans l’écriture philosophique. Sa fécondité suppose que les participants aient pu voir le spectacle et pris connaissance d’une manière ou d’une autre du texte (court : il fait 8 pages. Il est mis à disposition ici). À cette fin, la MdQ organise, en ouverture de soirée à partir de 18h30, une projection du spectacle «Aux corps prochains» (durée: un peu moins de 1h10’) qui sera accompagnée d’une présentation de l’article cité. Un intermède-apéritif suivra ce premier moment et à 20h30, heure habituelle, nous retrouverons Denis Guénoun pour un entretien, à partir de et autour du spectacle et de son texte. Ayant déjà prononcé à plusieurs reprises cette conférence, il a formulé le vœu que la soirée soit un échange plutôt qu’un exposé. La formule nous a semblé suffisamment intéressante et stimulante pour que nous acceptions cette offre.

C’est donc à une soirée d’échanges autour du théâtre comme vecteur d’exploration de ce que peut le corps que nous vous convions pour cette séance. Le défi est de parvenir à entrer dans une pensée se faisant dans et par le dialogue et la rencontre ainsi que le heurt des corps.

Nous vous espérons nombreux à le relever!

L’imperium le meilleur selon Spinoza: le démocratique ou l’aristocratique?

Mercredi
18.04.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Rencontre avec Ivan Segré

Nous abordons le dernier ouvrage rédigé par Spinoza, resté inachevé à sa mort intervenue en février 1677, le Traité politique. Dans celui-ci, nous mettons la focale sur un des concepts centraux de l’ouvrage, soit l’Imperium, dont le sens au cours de l’ouvrage flotte au gré des contextes à tel point que les traducteurs sont amenés à le rendre alternativement par pouvoir, Etat, gouvernement, souveraineté. Ce constat a finalement déterminé son plus récent traducteur en français, Bernard Pautrat, à le traduire par … «imperium»!

Il s’agira de tenter de clarifier le concept, au-delà de la multiplicité des sens qu’il prend selon les passages. S’il nomme la puissance d’agir de la multitude, quelle en est, alors, la forme d’organisation la meilleure: la monarchique, l’aristocratique ou la démocratique? De cette dernière, Spinoza dit dans les premières lignes qui lui sont consacrées (ch. 11), qu’elle est «absolue en tout» mais son exposition s’interrompt à peine entamée. Le recours à cette formule suffit-il à conclure que, pour son auteur, la démocratie est la meilleure mise en forme de la puissance collective d’agir?

On déploiera les termes de cette question, entre autres en discutant les lectures qu’en font quelques lecteurs versés dans la chose spinozienne, et en versant au débat, notamment, ce propos de l’auteur que, «si c’était libres de tout affect et conduits par le seul zèle pour le bien public que les patriciens choisissaient leurs collègues patriciens, aucun imperium ne supporterait la comparaison avec l’aristocratique».

Incertitude, ainsi, entre l’ «absolument absolu» que serait la démocratie et la supériorité qualitative d’une aristocratie qui s’ordonnerait en vue du bien public: la puissance de la multitude trouve-t-elle son maximum dans la démocratique ou dans l’aristocratique? Telle est d’un mot l’interrogation qui servira de fil directeur à notre exploration de cette œuvre et de la notion d’imperium dont elle est, en somme, le traitement systématique.

Ivan Segré
Né à Paris en 1973, il est docteur en philosophie et l’auteur de plusieurs livres dont Qu’appelle-t-on penser Auschwitz? (Lignes, 2009), Le manteau de Spinoza (La Fabrique, 2014) et Judaïsme et révolution (La Fabrique, 2014).

Les affects en psychopédagogie: feu sacré ou substance inflammable?

Mercredi
07.02.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Question traitée à la lumière croisée de quelques propositions de Spinoza sur les affects et de Freud sur la psyché.

Comment saisir et faire face adéquatement à la dynamique des affects dans l’éducation vaudoise? Et plus particulièrement, en milieu scolaire, comment prendre en considération les relations affectives dans la conduite des classes et des élèves sans céder à l’arbitraire des émotions; ni non plus, à l’autre extrême, à une rigidité moralisatrice ou à un déni relationnel déshumanisant? Cette problématique passionnante sera abordée en revenant sur une réflexion menée avec les directeurs et directrices des établissements scolaires vaudois, en 2013, dans le cadre de leur séminaire annuel de formation.

Après une contribution introductive de Philip Clark, la thématique sera présentée par Jacques Zwahlen, avec la participation du professeur Jacques Besson, chef du Service de psychiatrie communautaire du CHUV, et de Marc Ducret, directeur de l’établissement scolaire primaire et secondaire de La Tour-de-Peilz, ancien président de l’Association des Directeurs‐trices des Etablissements Scolaires Vaudois (ADESOV).