Émergences politiques et radicalités

Samedi 2 mai 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Que faire quand les voix / voies d’expression autorisées par nos systèmes dits démocratiques ne suffisent plus à se faire entendre? Certaines revendications – économiques, sociales, climatiques – se heurtent à des verrous institutionnels, et l’inaudibilité de ces préoccupations peut engendrer un sentiment d’impuissance, voire de défiance à l’égard des institutions qui sont censées nous représenter.

Des mobilisations spontanées à la radicalisation parfois violente – en passant par la désobéissance civile, nous explorerons plusieurs tentatives de faire émerger des expressions politiques alternatives.

Savoirs en conflits

Mercredi 08 avril 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Il n’y a pas de savoir au singulier. Il y a toujours des savoirs au pluriel, qui s’instituent progressivement à travers des conflits. Selon les lieux et les moments d’émergence de ces savoirs, des formes de hiérarchisation et d’enchevêtrement se constituent, instables et en négociation perpétuelle. Nous essaierons d’une part d’esquisser un tableau de cette histoire stratifiée des savoirs, et d’autre part nous interrogerons les enjeux de pouvoir et de domination à l’œuvre aujourd’hui. La soirée commencera avec une proposition de Thierry Laus, et fera ensuite l’objet d’une discussion plus large.

Corps en mouvement et imaginaires migratoires

Samedi 07 mars 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La terminologie instituée pour désigner celles et ceux qui se sont déplacés a pour fonction de catégoriser quelque chose comme un coût à venir pour ceux qui les reçoivent : sous « asile », il y a l’injonction morale ; sous « migrant », la répartition économique ; sous « réfugié », l’effort de l’intégration culturelle. L’ensemble de ces termes ne s’élabore pourtant qu’au point d’arrivée d’un trajet et d’un récit, et il ne permet pas de penser ou de contextualiser le mouvement d’un corps, ce qui l’a entrainé hors de son monde. C’est pourtant de cela qu’il s’agit: d’exil – étymologiquement « sauter dehors ». Mais dehors de quoi : de sa condition, de sa terre, de soi-même ? Et qu’est-ce qui a poussé ces corps, et vers quelles fins ? Lors de cette journée nous interrogerons ce que les termes de migrant(s) et d’exilé(s) peuvent nous apporter hors de la systématique du coût et du présupposé de l’intrusion. La rencontre des corps serait, en plus du lieu d’une hospitalité, la rencontre d’une chance qui, à large échelle, réinterroge un possible politique.

Programme

9h30 : Accueil Café + croissants

10h00 : En finir avec les frontières? Par Hugues Poltier (MER en Philosophie – UNIL)

11h15 : Exils croisés. Quelques réflexions à partir d’une chanson italienne et de mon arrière-grand-père. Par Michel Vanni (enseignant de philosophie)

12h15-13h30 : Repas

13h30 : Retours en territoire intime. Présentation du film et projection. Par Amina Djahnine (auteure et réalisatrice)

14h00 : Table ronde avec Amina Djahnine, Hugues Poltier et Simon Mastrangelo (PostDoc au Forum suisse pour l’étude des migrations – UNINE)

15h00 : Roms, la quête infatigable du paradis. Par Yves Leresche, photographe

16h00 : Table ronde avec Valentina Matasci, militante au collectif Droit de rester, et Michel Vanni

17h00 : Conclusion

Politique des genres: quelles assignations pour quels corps?

Mercredi 12 février 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Faut-il inscrire dans la norme pénale antiraciste les discriminations et incitations à la haine basées sur l’orientation sexuelle ? La votation populaire du 9 février est l’occasion de se poser la question du décalage entre les pratiques des corps et leur formalisation dans la loi. De quoi se constituent les structures de l’assignation de genre ? Lors de cette séance, nous interrogeons ce qui se trame entre les corps par rapport aux cadres qui prétendent les assujettir, et selon quelles alternatives politiques l’expression de la complexité d’un corps peut se déployer.

Discussion avec Yves, formateur, et Arun, docteure en doit.

Eco-graphies : décoloniser l’écologie

Samedi 18 janvier 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Les discours portant sur l’écologie voient leur densité affective augmenter depuis une vingtaine d’années et, par là, prennent de la puissance. Ils rassemblent. Mais de quelles idées le diagnostic qui se propage porte-il le nom ? Une tonalité de fond se propose aujourd’hui de mettre l’écologie au premier plan en compactant graphiques et propositions de régulation économique. Tout converge alors autour d’une mobilisation générale au nom de l’urgence écologique. Il convient dès lors d’interroger autrement les bases qui nous permettent de penser et de nous déployer dans nos manières d’habiter.

Lors de cette journée, il s’agira non pas de considérer l’écologie pour elle-même, mais de passer par des portes dérobées, qui nous amèneront dès lors à décaler nos approches: comment la structuration du genre est-elle un dispositif affectant les corps et qui fait varier nos comportements écologiques ? Comment l’éducation tente-t-elle d’ajuster la compréhension des phénomènes terrestres, en vertu de quelle histoire des chocs (pétroliers, nucléaires, ozone, etc.) ? Comment la migration des corps et la détresse des habitats nous conduisent-elles à déplacer les frontières et les ancrages nationaux ? Quels vocabulaires nouveaux et quelles alternatives politiques peuvent-elles redonner du jeu et du soin qui puissent être à la mesure de nos entre-terres mal partagées ?

9h30 : Accueil café – croissants
10h – 10h45 : Introduction: décoloniser l’écologie – Michel Vanni
11h00 – 12h15 : Table ronde: écologie et migration. Avec Amina Benkais-Benbrahim (Déléguée à l’intégration) et Mathias Clivaz (militant et philosophe)
12h15 – 13h30 : Repas
13h30 – 14h15 : Transition écologique: les verrous socio-techniques – Hugues Poltier
14h30 – 15h45 : Table ronde: l’écologie à l’école. Avec Odile Fragnière (étudiante au gymnase Auguste Piccard, membre de la Grève du climat Vaud), Albertine Grbic (étudiante au gymnase de Provence, membre de la Grève du climat Vaud) et Daniel Curnier (docteur en science de l’environnement)
16h00 – 17h15 : Table ronde: écologie et militance. Avec Aurélien Baud (membre de la Grève du climat Vaud) et Oriane Sarrasin (docteure en psychologie)
17h30 : Conclusion

20h Balancer les corps, danse et musique (avec Michel Vanni aux manettes)

La dernière (n°4)

Le Groupe Vaudois de Philosophie vous propose désormais une gazette qui tisse les liens entre ses diverses séances et accueille diverses voix en écho aux enjeux de la nouvelle formule.

Elle apparaît à chaque séance puis est téléchargeable sur le site !

Une fois dans vos mains, vous pouvez aussi la laisser dans votre bar préféré, chez votre médecin, dans le sac d’une connaissance ou tout autre lieu de votre choix afin qu’elle ait sa petite vie et rencontre ainsi d’autre mains !

La Gazette n°4 PDF pour impression

Monde(s) et inégalités

Monde(s) et inégalités : une lecture du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommesde Jean-Jacques Rousseau (1755)

L’Univers, le monde, la nature, les animaux, l’Être humain, l’histoire, la société, la culture, la technique, la civilisation : ces réalités, devenues incertaines, se mêlent et s’emmêlent dans nos discussions, mêlant et emmêlant valeurs, représentations, fragments de savoirs mêlés et entremêlés, d’une manière désormais planétaire. Si les inégalités sociales n’ont jamais été aussi grandes et surtout aussi visibles que maintenant, Jean-Jacques Rousseau concluait déjà en 1755 son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommespar les mots suivants : « [u]ne poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire ».

Après une séance d’introduction, pour fixer le cadre de la lecture et tout à la fois ouvrir une interrogation pour nous, nous consacrerons deux séances à ce Discoursoù l’on trouve ces mots célèbres : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ». Après quoi nous poursuivrons cette interrogation par une lecture du Manifeste du parti communistede Karl Marx et Friedrich Engels (1848), pour terminer par une réflexion contemporaine autour de la question suivante : le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ?

Parcours :

  1. 20 janvier :Rousseau en son temps, Rousseau et nous ?
  2. 2 mars : Une humanité en nature ? Lecture de la première partie du Discours
  3. 30 mars : Une humanité en histoire ? Lecture de la seconde partie du Discours
  4. 27 avril : Entre Rousseau et nous, le Manifeste du parti communiste
  5. 25 mai : Le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ?

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes(1755), suivi du Discours sur les sciences et les arts(1750),Chronologie et introduction par Jacques Roger, Paris, GF-Flammarion, 1992.

Karl Marx& FriedrichEngels, Manifeste du parti communiste(1848), Paris, GF-Flammarion, 1999.

Animation : Thierry Laus.

Les séances auront lieu les lundi 20 janvier, 2 mars, 30 mars, 27 avril et 25 mai 2020 à la Librairie de la Louve à Lausanne de 19h00 à 22h.

Celles d’avant

Le Groupe Vaudois de Philosophie vous propose désormais une gazette qui tisse les liens entre ses diverses séances et accueille diverses voix en écho aux enjeux de la nouvelle formule. 

Elle apparaît à chaque séance puis est téléchargeable sur le site !

Une fois dans vos mains, vous pouvez aussi la laisser dans votre bar préféré, chez votre médecin, dans le sac d’une connaissance ou tout autre lieu de votre choix afin qu’elle ait sa petite vie et rencontre ainsi d’autre mains !

 

La Gazette n°1 PDF pour impression

La Gazette n°2 PDF pour impression

La Gazette n°3 PDF pour impression

 

 

Étranges savoirs et monde familier

Mercredi
04.12.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le mot ‘savoir’ vient de ‘sel’ (sapere). Savoir, autrement dit, c’est rehausser le goût du monde, lui donner une saveur différente. C’est travailler à apprivoiser son étrangeté en révélant sa sensualité. Les institutions, de l’école à l’université, semblent bien éloignées de cette conception. Comment aujourd’hui retisser avec le ‘cosmos’ un rapport épicé? quelles formes, quelles pratiques, ce rapport peut-il adopter? tour à tour pédagogues, chercheurs-euses, artistes, nos invité.e.s plaideront pour une vision transversale des connaissances, afin de réfléchir aux manières de nous refamiliariser avec le monde, de façon féconde et résiliente.

Avec Sarah Koller (chercheuse en écopsychologie-UNIL), Richard Timsit (philosophe, directeur du Fablab de Renens), Nicolas Pahlisch (peintre, sculpteur, enseignant) et Gaspard Turin (didacticien, chercheur en littérature – UNIL)

Corps politiques

Mercredi
06.11.2019
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Le soin du monde, tel que nous proposons de l’explorer, porte en lui l’idée d’engagement. Dès lors, cette séance s’attachera, entre autres, à penser les formes – étatiques ou non – que peut prendre le politique, les limites d’une conception de la citoyenneté fondée sur l’appartenance à la nation, la manière dont les grands récits permettent – ou non – de créer du commun, ou encore le lien entre alternatives politiques et nécessaire violence.

Avec Quentin Louis Adler (coprésident de ServiceCitoyen.ch), Amina Benkais-Benbrahim (déléguée à l’intégration du Canton de Vaud), Antoine Chollet (chercheur en pensée politique au Centre Walras-Pareto – UNIL), Amina Djahnine (auteure, réalisatrice et monteuse) et Anaïs Timofte (vice-présidente du POP et syndicaliste UNIA).