(Re)faire monde – Réapproprier les savoirs

Mercredi 7 octobre 2020
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La crise du Covid nous montre à quel point les enjeux liés aux savoirs et aux expertises sont importants dans une société complexe comme la nôtre.

Les savoirs se construisent et évoluent à partir d’une pluralité que l’évolution historique de notre ère culturelle depuis plus de deux siècles rend irréductible. Nos cohérences intimes et collectives vivent de perpétuelles crises, négociations, transformations et conflits : les types de savoirs entrent en rivalité tant en nous-mêmes que dans l’espace social, produisant une instabilité et une anxiété permanentes auxquelles répondent des stratégies et des attitudes de fuite, de refoulement, d’hystérisation ou de simplification. Nous proposons d’explorer ces tensions à la lumière de trois cas:

Le “hoax” des dauphins à Venise, soi-disant revenus à la faveur du Covid: nous voulons y croire tout en sachant que c’est faux, et cette volonté endeuillée traduit alors quelque chose de notre perception profonde – pour ne pas dire enfantine – du monde.

Les courbes menaçantes qu’on nous donne à voir quotidiennement et qui participent, à travers une prétendue objectivation experte du réel, à l’agitation névrotique collective, tout en instituant l’invisibilité de ce qu’elles ont – sciemment ou non – omis de représenter.

Enfin, une expérience vécue d’engagement de terrain viendra illustrer le va et vient incessant entre conflictualité et complémentarité épistémique. De là, nous questionnerons notre capacité collective à faire monde.

Phidéo : accueillir le virus #4

Romy Siegrist, psychologue et sexologue & Michel Vanni, enseignant de philosophie échangent sur les inflexions des relations dans le cadre du confinement.

Vos réactions, critiques et impulsions sont les bienvenues sur https://hebdo.framapad.org/p/9g5j-corophilo_vaudpad
Il s’agit d’un espace qui permet de partager ce que les propositions émises dans ces vidéos ont éveillé ou provoqué. Le protocole est simple : laisser un commentaire sous le titre de la vidéo qui l’a suscité. S’il y en a déjà d’autres, écrivez à leur suite. Attention : veillez à ne pas effacer le texte déjà présent.

Phidéo : Accueillir le virus #3

David André, Julien Antoine Bovier, Philip Clark et Gabriel Dorthe échangent autour des expériences du confinement et en marge de la notion de “monde(s) d’après”.

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La dernière

Le Groupe Vaudois de Philosophie vous propose désormais une gazette qui tisse les liens entre ses diverses séances et accueille diverses voix en écho aux enjeux de la nouvelle formule.

Elle apparaît à chaque séance puis est téléchargeable sur le site !

Une fois dans vos mains, vous pouvez aussi la laisser dans votre bar préféré, chez votre médecin, dans le sac d’une connaissance ou tout autre lieu de votre choix afin qu’elle ait sa petite vie et rencontre ainsi d’autre mains !

La Gazette n°7 PDF pour impression

Phidéo : Accueillir le virus #2

Nouvelle vidéo de la série Accueillir le virus par Michel Vanni, membre du comité du Groupe vaudois de philosophie et enseignant de philosophie. 

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Corps en mouvement et imaginaires migratoires

Samedi 07 mars 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La terminologie instituée pour désigner celles et ceux qui se sont déplacés a pour fonction de catégoriser quelque chose comme un coût à venir pour ceux qui les reçoivent : sous « asile », il y a l’injonction morale ; sous « migrant », la répartition économique ; sous « réfugié », l’effort de l’intégration culturelle. L’ensemble de ces termes ne s’élabore pourtant qu’au point d’arrivée d’un trajet et d’un récit, et il ne permet pas de penser ou de contextualiser le mouvement d’un corps, ce qui l’a entrainé hors de son monde. C’est pourtant de cela qu’il s’agit: d’exil – étymologiquement « sauter dehors ». Mais dehors de quoi : de sa condition, de sa terre, de soi-même ? Et qu’est-ce qui a poussé ces corps, et vers quelles fins ? Lors de cette journée nous interrogerons ce que les termes de migrant(s) et d’exilé(s) peuvent nous apporter hors de la systématique du coût et du présupposé de l’intrusion. La rencontre des corps serait, en plus du lieu d’une hospitalité, la rencontre d’une chance qui, à large échelle, réinterroge un possible politique.

Programme

9h30 : Accueil Café + croissants

10h00 : En finir avec les frontières? Par Hugues Poltier (MER en Philosophie – UNIL)

11h15 : Exils croisés. Quelques réflexions à partir d’une chanson italienne et de mon arrière-grand-père. Par Michel Vanni (enseignant de philosophie)

12h15-13h30 : Repas

13h30 : Retours en territoire intime. Présentation du film et projection. Par Amina Djahnine (auteure et réalisatrice)

14h00 : Table ronde avec Amina Djahnine, Hugues Poltier et Simon Mastrangelo (PostDoc au Forum suisse pour l’étude des migrations – UNINE)

15h00 : Roms, la quête infatigable du paradis. Par Yves Leresche, photographe

16h00 : Table ronde avec Valentina Matasci, militante au collectif Droit de rester, et Michel Vanni

17h00 : Conclusion

Politique des genres: quelles assignations pour quels corps?

Mercredi 12 février 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Faut-il inscrire dans la norme pénale antiraciste les discriminations et incitations à la haine basées sur l’orientation sexuelle ? La votation populaire du 9 février est l’occasion de se poser la question du décalage entre les pratiques des corps et leur formalisation dans la loi. De quoi se constituent les structures de l’assignation de genre ? Lors de cette séance, nous interrogeons ce qui se trame entre les corps par rapport aux cadres qui prétendent les assujettir, et selon quelles alternatives politiques l’expression de la complexité d’un corps peut se déployer.

Discussion avec Yves, formateur, et Arun, docteure en doit.

Eco-graphies : décoloniser l’écologie

Samedi 18 janvier 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Les discours portant sur l’écologie voient leur densité affective augmenter depuis une vingtaine d’années et, par là, prennent de la puissance. Ils rassemblent. Mais de quelles idées le diagnostic qui se propage porte-il le nom ? Une tonalité de fond se propose aujourd’hui de mettre l’écologie au premier plan en compactant graphiques et propositions de régulation économique. Tout converge alors autour d’une mobilisation générale au nom de l’urgence écologique. Il convient dès lors d’interroger autrement les bases qui nous permettent de penser et de nous déployer dans nos manières d’habiter.

Lors de cette journée, il s’agira non pas de considérer l’écologie pour elle-même, mais de passer par des portes dérobées, qui nous amèneront dès lors à décaler nos approches: comment la structuration du genre est-elle un dispositif affectant les corps et qui fait varier nos comportements écologiques ? Comment l’éducation tente-t-elle d’ajuster la compréhension des phénomènes terrestres, en vertu de quelle histoire des chocs (pétroliers, nucléaires, ozone, etc.) ? Comment la migration des corps et la détresse des habitats nous conduisent-elles à déplacer les frontières et les ancrages nationaux ? Quels vocabulaires nouveaux et quelles alternatives politiques peuvent-elles redonner du jeu et du soin qui puissent être à la mesure de nos entre-terres mal partagées ?

9h30 : Accueil café – croissants
10h – 10h45 : Introduction: décoloniser l’écologie – Michel Vanni
11h00 – 12h15 : Table ronde: écologie et migration. Avec Amina Benkais-Benbrahim (Déléguée à l’intégration) et Mathias Clivaz (militant et philosophe)
12h15 – 13h30 : Repas
13h30 – 14h15 : Transition écologique: les verrous socio-techniques – Hugues Poltier
14h30 – 15h45 : Table ronde: l’écologie à l’école. Avec Odile Fragnière (étudiante au gymnase Auguste Piccard, membre de la Grève du climat Vaud), Albertine Grbic (étudiante au gymnase de Provence, membre de la Grève du climat Vaud) et Daniel Curnier (docteur en science de l’environnement)
16h00 – 17h15 : Table ronde: écologie et militance. Avec Aurélien Baud (membre de la Grève du climat Vaud) et Oriane Sarrasin (docteure en psychologie)
17h30 : Conclusion

20h Balancer les corps, danse et musique (avec Michel Vanni aux manettes)

Monde(s) et inégalités

Après la pause estivale et covidienne, le groupe de lecture reprend dès le lundi 28 septembre à la Librairie de la Louve de 19h à 22h (les mesures sanitaires établies par l’OFSP seront garanties.)

 

Monde(s) et inégalités : une lecture du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau (1755)

L’Univers, le monde, la nature, les animaux, l’Être humain, l’histoire, la société, la culture, la technique, la civilisation : ces réalités, devenues incertaines, se mêlent et s’emmêlent dans nos discussions, mêlant et emmêlant valeurs, représentations, fragments de savoirs mêlés et entremêlés, d’une manière désormais planétaire. Si les inégalités sociales n’ont jamais été aussi grandes et surtout aussi visibles que maintenant, Jean-Jacques Rousseau concluait déjà en 1755 son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes par les mots suivants : « [u]ne poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire ». Nous terminerons par une réflexion contemporaine autour de la question suivante : le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ?

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ».

Suite et fin du parcours :

  1. 28 septembre : Une humanité en nature ? Lecture de la première partie du Discours
  2. 19 octobre : Une humanité en histoire ? Lecture de la seconde partie du Discours
  3. 23 novembre : Entre Rousseau et nous, Marx ? (avec la participation de Hugues Poltier.)
  4. En janvier : Le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ? (transition avec la lecture de printemps.)

Une vingtaine d’exemplaires du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes sera disponible dès la première séance ou avant par demande mail à info@philo.vaud.ch

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes(1755), suivi du Discours sur les sciences et les arts(1750),Chronologie et introduction par Jacques Roger, Paris, GF-Flammarion, 1992.

Animation : Thierry Laus.

Coordination : Julien Antoine Bovier