(Re)faire monde

Le Groupe Vaudois de Philosophie a pour vocation de partager la réflexion philosophique avec un large public. En collaboration avec la Maison de Quartier Sous-Gare, nous avons choisi de faire sortir la philosophie hors de sa retraite prudente pour la confronter à des discours et à des pratiques ancrées dans des préoccupations quotidiennes.

Aujourd’hui nous souhaitons accentuer cette transformation, pour nous rapprocher des questions qui caractérisent notre époque. Nous ne désirons plus procéder par saisons distinctes, articulées autour de thématiques déconnectées les unes des autres. Notre époque réclame au contraire une attention beaucoup plus soutenue autour d’enjeux spécifiques, ayant une portée aussi globale que locale, jusque dans nos existences les plus concrètes. Il ne s’agira donc plus de sauter d’un thème à un autre, mais de demeurer attachés à quelques enjeux fondamentaux, afin de les tisser ensemble de manière régulière et continue, et dégager par là quelque chose comme une figure de notre temps.

Parmi ces enjeux, nous allons tout d’abord reprendre les questions qui se sont posées lors de notre dernière saison, autour des transformations écologiques et climatiques en cours. En second lieu nous voulons aborder les phénomènes migratoires dans leur tension avec les politiques identitaires et les grands récits. Par ailleurs, le contexte actuel nous engage en troisième lieu à rechercher des alternatives politiques aux modèles étatiques ou supra-étatiques. En quatrième lieu, nous ressentons avec une acuité particulière la mise en question actuelle des représentations liées aux identités sexuelles et aux genres. Enfin, notre époque réclame également un autre régime de circulation des savoirs, et une attention spécifique portée aux modalités de transmission de ces savoirs. Ces cinq enjeux mettent au défi notre capacité à créer un monde commun, à (re)faire monde. C’est là précisément notre préoccupation.

Nous souhaitons faire du Groupe Vaudois un lieu d’échange et de recherche autour de ces questions et de toutes celles qui pourraient en émerger afin de créer une plateforme au sein de laquelle elles puissent s’articuler et trouver un langage commun : c’est un certain soin du monde qui nous entoure que nous voulons cultiver. Il ne s’agit pas de renoncer à toute réflexion fondamentale pour se précipiter dans les urgences de l’actualité, mais au contraire de ralentir pour mieux ressentir d’abord, et chercher à articuler ensuite, les multiples exigences qui nous affectent. 

Dans cette optique, nous souhaitons renforcer nos liens avec tous les groupes et associations qui se préoccupent d’ores et déjà de ces enjeux. Il nous importe alors de créer un lieu d’échange et de convivialité, au sein duquel la philosophie ne doit pas renoncer à la radicalité de sa démarche, mais doit chercher à s’allier à d’autres discours et à d’autres pratiques que les siennes.

Nous continuerons à proposer des soirées le mercredi à la Maison de Quartier, mais nous souhaitons par ailleurs explorer d’autres formats, et multiplier les prises de parole. Nous organiserons également des journées de discussions et ateliers autour des cinq enjeux évoqués plus haut: écologie, migrations, alternatives politiques, genres, et politiques des savoirs. Le public sera ici invité à participer plus activement à la formulation des questions et à la création des savoirs.

Phidéo : accueillir le virus #4

Romy Siegrist, psychologue et sexologue & Michel Vanni, enseignant de philosophie échangent sur les inflexions des relations dans le cadre du confinement.

Vos réactions, critiques et impulsions sont les bienvenues sur https://hebdo.framapad.org/p/9g5j-corophilo_vaudpad
Il s’agit d’un espace qui permet de partager ce que les propositions émises dans ces vidéos ont éveillé ou provoqué. Le protocole est simple : laisser un commentaire sous le titre de la vidéo qui l’a suscité. S’il y en a déjà d’autres, écrivez à leur suite. Attention : veillez à ne pas effacer le texte déjà présent.

Phidéo : Accueillir le virus #3

David André, Julien Antoine Bovier, Philip Clark et Gabriel Dorthe échangent autour des expériences du confinement et en marge de la notion de “monde(s) d’après”.

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La dernière

Le Groupe Vaudois de Philosophie vous propose désormais une gazette qui tisse les liens entre ses diverses séances et accueille diverses voix en écho aux enjeux de la nouvelle formule.

Elle apparaît à chaque séance puis est téléchargeable sur le site !

Une fois dans vos mains, vous pouvez aussi la laisser dans votre bar préféré, chez votre médecin, dans le sac d’une connaissance ou tout autre lieu de votre choix afin qu’elle ait sa petite vie et rencontre ainsi d’autre mains !

La Gazette n°7 PDF pour impression

Phidéo : Accueillir le virus #2

Nouvelle vidéo de la série Accueillir le virus par Michel Vanni, membre du comité du Groupe vaudois de philosophie et enseignant de philosophie. 

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Corps en mouvement et imaginaires migratoires

Samedi 07 mars 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

La terminologie instituée pour désigner celles et ceux qui se sont déplacés a pour fonction de catégoriser quelque chose comme un coût à venir pour ceux qui les reçoivent : sous « asile », il y a l’injonction morale ; sous « migrant », la répartition économique ; sous « réfugié », l’effort de l’intégration culturelle. L’ensemble de ces termes ne s’élabore pourtant qu’au point d’arrivée d’un trajet et d’un récit, et il ne permet pas de penser ou de contextualiser le mouvement d’un corps, ce qui l’a entrainé hors de son monde. C’est pourtant de cela qu’il s’agit: d’exil – étymologiquement « sauter dehors ». Mais dehors de quoi : de sa condition, de sa terre, de soi-même ? Et qu’est-ce qui a poussé ces corps, et vers quelles fins ? Lors de cette journée nous interrogerons ce que les termes de migrant(s) et d’exilé(s) peuvent nous apporter hors de la systématique du coût et du présupposé de l’intrusion. La rencontre des corps serait, en plus du lieu d’une hospitalité, la rencontre d’une chance qui, à large échelle, réinterroge un possible politique.

Programme

9h30 : Accueil Café + croissants

10h00 : En finir avec les frontières? Par Hugues Poltier (MER en Philosophie – UNIL)

11h15 : Exils croisés. Quelques réflexions à partir d’une chanson italienne et de mon arrière-grand-père. Par Michel Vanni (enseignant de philosophie)

12h15-13h30 : Repas

13h30 : Retours en territoire intime. Présentation du film et projection. Par Amina Djahnine (auteure et réalisatrice)

14h00 : Table ronde avec Amina Djahnine, Hugues Poltier et Simon Mastrangelo (PostDoc au Forum suisse pour l’étude des migrations – UNINE)

15h00 : Roms, la quête infatigable du paradis. Par Yves Leresche, photographe

16h00 : Table ronde avec Valentina Matasci, militante au collectif Droit de rester, et Michel Vanni

17h00 : Conclusion

Politique des genres: quelles assignations pour quels corps?

Mercredi 12 février 2020
20h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Faut-il inscrire dans la norme pénale antiraciste les discriminations et incitations à la haine basées sur l’orientation sexuelle ? La votation populaire du 9 février est l’occasion de se poser la question du décalage entre les pratiques des corps et leur formalisation dans la loi. De quoi se constituent les structures de l’assignation de genre ? Lors de cette séance, nous interrogeons ce qui se trame entre les corps par rapport aux cadres qui prétendent les assujettir, et selon quelles alternatives politiques l’expression de la complexité d’un corps peut se déployer.

Discussion avec Yves, formateur, et Arun, docteure en doit.

Eco-graphies : décoloniser l’écologie

Samedi 18 janvier 2020
10h00 – 18h00
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)

Les discours portant sur l’écologie voient leur densité affective augmenter depuis une vingtaine d’années et, par là, prennent de la puissance. Ils rassemblent. Mais de quelles idées le diagnostic qui se propage porte-il le nom ? Une tonalité de fond se propose aujourd’hui de mettre l’écologie au premier plan en compactant graphiques et propositions de régulation économique. Tout converge alors autour d’une mobilisation générale au nom de l’urgence écologique. Il convient dès lors d’interroger autrement les bases qui nous permettent de penser et de nous déployer dans nos manières d’habiter.

Lors de cette journée, il s’agira non pas de considérer l’écologie pour elle-même, mais de passer par des portes dérobées, qui nous amèneront dès lors à décaler nos approches: comment la structuration du genre est-elle un dispositif affectant les corps et qui fait varier nos comportements écologiques ? Comment l’éducation tente-t-elle d’ajuster la compréhension des phénomènes terrestres, en vertu de quelle histoire des chocs (pétroliers, nucléaires, ozone, etc.) ? Comment la migration des corps et la détresse des habitats nous conduisent-elles à déplacer les frontières et les ancrages nationaux ? Quels vocabulaires nouveaux et quelles alternatives politiques peuvent-elles redonner du jeu et du soin qui puissent être à la mesure de nos entre-terres mal partagées ?

9h30 : Accueil café – croissants
10h – 10h45 : Introduction: décoloniser l’écologie – Michel Vanni
11h00 – 12h15 : Table ronde: écologie et migration. Avec Amina Benkais-Benbrahim (Déléguée à l’intégration) et Mathias Clivaz (militant et philosophe)
12h15 – 13h30 : Repas
13h30 – 14h15 : Transition écologique: les verrous socio-techniques – Hugues Poltier
14h30 – 15h45 : Table ronde: l’écologie à l’école. Avec Odile Fragnière (étudiante au gymnase Auguste Piccard, membre de la Grève du climat Vaud), Albertine Grbic (étudiante au gymnase de Provence, membre de la Grève du climat Vaud) et Daniel Curnier (docteur en science de l’environnement)
16h00 – 17h15 : Table ronde: écologie et militance. Avec Aurélien Baud (membre de la Grève du climat Vaud) et Oriane Sarrasin (docteure en psychologie)
17h30 : Conclusion

20h Balancer les corps, danse et musique (avec Michel Vanni aux manettes)

Monde(s) et inégalités

Monde(s) et inégalités : une lecture du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommesde Jean-Jacques Rousseau (1755)

L’Univers, le monde, la nature, les animaux, l’Être humain, l’histoire, la société, la culture, la technique, la civilisation : ces réalités, devenues incertaines, se mêlent et s’emmêlent dans nos discussions, mêlant et emmêlant valeurs, représentations, fragments de savoirs mêlés et entremêlés, d’une manière désormais planétaire. Si les inégalités sociales n’ont jamais été aussi grandes et surtout aussi visibles que maintenant, Jean-Jacques Rousseau concluait déjà en 1755 son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommespar les mots suivants : « [u]ne poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire ».

Après une séance d’introduction, pour fixer le cadre de la lecture et tout à la fois ouvrir une interrogation pour nous, nous consacrerons deux séances à ce Discoursoù l’on trouve ces mots célèbres : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ». Après quoi nous poursuivrons cette interrogation par une lecture du Manifeste du parti communistede Karl Marx et Friedrich Engels (1848), pour terminer par une réflexion contemporaine autour de la question suivante : le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ?

Parcours :

  1. 20 janvier :Rousseau en son temps, Rousseau et nous ?
  2. 2 mars : Une humanité en nature ? Lecture de la première partie du Discours
  3. 30 mars : Une humanité en histoire ? Lecture de la seconde partie du Discours
  4. 27 avril : Entre Rousseau et nous, le Manifeste du parti communiste
  5. 25 mai : Le monde et ses inégalités, nous aujourd’hui ?

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes(1755), suivi du Discours sur les sciences et les arts(1750),Chronologie et introduction par Jacques Roger, Paris, GF-Flammarion, 1992.

Karl Marx& FriedrichEngels, Manifeste du parti communiste(1848), Paris, GF-Flammarion, 1999.

Animation : Thierry Laus.

Les séances auront lieu les lundi 20 janvier, 2 mars, 30 mars, 27 avril et 25 mai 2020 à la Librairie de la Louve à Lausanne de 19h00 à 22h.

Celles d’avant

Le Groupe Vaudois de Philosophie vous propose désormais une gazette qui tisse les liens entre ses diverses séances et accueille diverses voix en écho aux enjeux de la nouvelle formule. 

Elle apparaît à chaque séance puis est téléchargeable sur le site !

Une fois dans vos mains, vous pouvez aussi la laisser dans votre bar préféré, chez votre médecin, dans le sac d’une connaissance ou tout autre lieu de votre choix afin qu’elle ait sa petite vie et rencontre ainsi d’autre mains !

version cahier :

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La Gazette n°2 PDF pour impression

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